À travers l’élection de leur leader, Les Républicains "se cherchent un cap, un horizon", analyse le politologue Bruno Cautrès

Les stratégies des trois candidats diffèrent : Christian Jacob "veut rassembler la famille", Julien Aubert veut revenir vers "un RPR un peu à l'ancienne" et Guillaume Larrivé opte pour une "stratégie sarkozyste", résume le chercheur au Cevipof.

Le siège du parti Les Républicains à Paris.
Le siège du parti Les Républicains à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Alors que Les Républicains (LR) élisent dimanche 13 octobre leur nouveau président, il s’agit d’envoyer "un message très important à cet électorat de la droite qui est tellement déboussolé", estime le chercheur CNRS au Cevipof, le Centre de recherches de Sciences Po.

Environ 130 000 adhérents à jour de cotisation sont appelés à voter par voie électronique, entre samedi 20 heures et dimanche à la même heure. Ils doivent départager trois candidats : le patron des députés LR Christian Jacob, qui fait figure de favori, le député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert et le plus libéral Guillaume Larrivé, député de l'Yonne.

franceinfo : Le parti LR joue-t-il sa survie avec ce vote interne ?

Bruno Cautrès : Avec le désastre de la campagne présidentielle de 2017, les deux ans de présidence de Laurent Wauquiez, et un grand crash électoral au moment des élections européennes, pour les adhérents des Républicains cette élection est très importante.

Est-ce que la victoire de Christian Jacob serait une victoire de "l’ancien monde" ?

Il ne faut pas enterrer trop tôt cet "ancien monde". Christian Jacob représente un chiraquisme historique. On court un peu après le passé dans cette famille politique, on se cherche un cap, un horizon. On a eu tous les pouvoirs il n'y a pas si longtemps avec Nicolas Sarkozy. Ce n'était pas non plus la préhistoire. Si Christian Jacob était élu, ça incarnerait l'idée que dans cette politique des Républicains on recherche un leader qui va essayer de rassembler et de recoller les morceaux.

Quelle ligne politique serait porteuse, sachant que le parti est "coincé" entre La République en marche et le Rassemblement national ?

Sur la question de l'immigration, par exemple, Julien Aubert et Guillaume Larrivé avaient exprimé un soutien au polémiste Eric Zemmour pour ses déclarations récentes, ce que n'a pas fait Christian Jacob. On voit à travers cette question, qu'il y a des stratégies différentes. Du côté de Christian Jacob, on veut rassembler la famille. On continue à parler à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand qui ont quitté LR. Du côté de Julien Aubert, on est beaucoup plus sur l'idée de revenir vers le fondamental d'un RPR un peu à l'ancienne. Et puis du côté de Guillaume Larrivé, c'est une stratégie sarkozyste, c'est-à-dire de parler à toute la droite, ça veut dire aussi parler à des électeurs de droite qui sont allés vers le Rassemblement national.