Les négociations entre le PS et EELV dans l'impasse

Les écologistes font toujours de la sortie du nucléaire une condition préalable à un accord électoral et programmatique avec le PS.

La patronne d\'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, et la candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, assistent au congrès du Parti Vert européen le 12 novembre 2011 à Paris.
La patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, et la candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, assistent au congrès du Parti Vert européen le 12 novembre 2011 à Paris. (JOEL SAGET / AFP PHOTO)

Les négociations entre le Parti socialiste (PS) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aboutiront-elles à "l'accord historique" dont le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, parlait il y a quelques jours ? A une semaine de la fin des discussions, rien n'est finalement moins sûr. 

• La sortie du nucléaire reste une condition préalable à un accord

Les écologistes ont campé sur leur position, samedi 12 octobre, sur la sortie du nucléaire, question de "courage politique" selon la patronne d'EELV, Cécile Duflot. "J'affirme solennellement, tranquillement, fermement, qu'il n'y aura pas d'accord avec les socialistes si nous n'avons pas d'arrêt du chantier de l'EPR de Flamanville. Il n'y a pas de plan B", a répété la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly sur TF1.

Mais en dépit des pressions écologistes, François Hollande s'est engagé, lundi 7 novembre, à "préserver la construction" d'un troisième réacteur nucléaire français, au risque de faire échouer les négociations.

Du coup, Cécile Duflot n'a pas caché qu'elle n'avait "aucune certitude sur l'issue" des discussions. "Je ne vois pas comment on peut réussir", glissait samedi un autre responsable d'Europe Ecologie-Les Verts. Cité par le Journal du Dimanche, un autre dirigeant écolo estimait à seulement 20% les chances de trouver un accord.

Pour Pierre Moscovici, proche parmi les proches de François Hollande, les négociations "ne sont pas dans l'impasse" mais elles sont "compliquées".

• Le nouvel aéroport de Nantes, autre point d'achoppement

D'autant que le nucléaire n'est pas le seul caillou dans la chaussure écolo-socialiste. Samedi, au moins 3 000 personnes ont défilé à Paris pour réclamer l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, dont l'ouverture est prévue en 2017. Un projet soutenu par le Parti socialiste.

Celui qui sera sans doute le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, a redit jeudi sur France-Inter que cet aéroport était jugé "indispensable" par le président PS de la région Pays-de-la-Loire, Jacques Auxiette, et par le maire socialiste de Nantes, Jean-Marc Ayrault. "On ne peut pas construire un gouvernement pour le pays pour cinq ans (...à en se concentrant sur des sujets largements locaux", a balayé Moscovici. 

• L'UMP et le Front de Gauche tirent sur les négociations

Face à l'enlisement des négociations, les adversaires du Parti socialiste et d'Europe Ecologie ont délivré depuis vendredi une sale de déclarations pour critiquer ces discussions. "Au nom de la France", le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a appelé vendredi François Holalnde à "arrêter les négociations avec les Verts". "On ne marchande pas les intérêts de la France", a appuyé dimanche le minsitre Bruno Le Maire, chargé de coordonner le projet du parti présidentiel. 

A gauche, Jean-Luc Mélenchon a également qualifié ces négociations de "déplorables". "Ils échangent des centrales nucléaires contre des circonscriptions", s'est remporté l'ancien sénateur socialiste dans le Journal du Dimanche. Et le candidat à la présidentielle de conclure : "Tout cela sent beaucoup la carabistouille".