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Nucléaire : Copé s'attire les foudres du PS et des Verts

Le patron de l'UMP a demandé vendredi au candidat François Hollande "d'arrêter les négociations" avec le parti écologiste.

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France Télévisions
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La patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, et le candidat PS à la présidentielle, François Hollande, le 21 août 2008 à Toulouse. (PASCAL PAVANI / AFP PHOTO)

C'est ce qu'on appelle un retour de flamme. Vendredi 11 novembre, le patron de l'UMP a solennellement demandé à François Hollande, candidat PS à la présidentielle, "d'arrêter les négociations avec les Verts sur le nucléaire". Et ce, "au nom de la France".

Une déclaration brève, mais suffisante pour mettre en colère socialistes et écologistes. La patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, n'a pas tardé à dénoncer l'attitude de Jean-François Copé, qu'elle a qualifié de "VRP politique du lobby nucléaire". Selon elle, le secrétaire général du parti présidentiel est allé "au-delà des limites tolérables dans le débat public (...) parce qu'il n'a pas le droit de parler comme il l'a fait 'au nom de la France'". Il "traduit ainsi la panique qui saisit aujourd'hui les apôtres de la pensée unique qui ont dicté la politique énergétique de la France depuis quarante ans". Il "évoque l'alibi national pour préserver les intérêts de quelques uns". Sur BFM TV, la candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, a quant à elle dénoncé "une immixtion de l'UMP dans nos discussions démocratiques inouïe et injurieuse".

Au PS, la députée Aurélie Filippetti, proche de François Hollande, s'est également demandée "au nom de quoi Jean-François Copé peut-il se prévaloir de parler au nom de la France".

Les écologistes et le Parti socialiste ont engagé depuis des mois des négociations pour un éventuel accord pour 2012 en cas de victoire de la gauche. Le nucléaire et plus particulièrement la construction de l'EPR (réacteur nucléaire de 3e génération) de Flamanville (Manche) est l'un des points de crispation de ces négociations qui doivent s'achever la semaine prochaine.

Polémique sur les chiffres de l'emploi autour du nucléaire

Le patron de l'UMP estime que les deux partis sont "en train de négocier sur le dos des Français" sur le nucléaire. Et de renvoyer aux chiffres évoqués en terme d'emplois par le PDG d'EDF, Henri Proglio. Mercredi, ce dernier a déclenché une vive polémique avec les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts en affirmant qu'un abandon du nucléaire mettrait en péril "un million d'emplois" en France dont "400.000 directs et indirects", et coûterait "entre 0,5 et 1 point de PIB" (produit intérieur brut).

Cet appel solennel de Jean-François Copé intervient alors que Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, a estimé vendredi que la "possibilité" qu'écologistes et socialistes ne parviennent pas à un accord de gouvernement pour 2012 était bien "réelle".

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