Les membres du gouvernement de François Fillon ont participé à leur dernier conseil mardi matin avant la pause estivale

Officiellement, aucune consigne n'a été donnée. Mais compte tenu des affaires touchant certains ministres depuis la mi-juin, et en ces temps de rigueur budgétaire, la plupart resteront en France.Le chef de l'Etat, qui partira d'ici mercredi pour le Cap-Nègre, leur a "conseillé" "se reposer" mais aussi de rester "mobilisés" a précisé Luc Chatel.

Hubert Falco, Brice Hortefeux, François Fillon et Jean-Louis Borloo, à la sortie du conseil des Ministres, le 3/8/2010.
Hubert Falco, Brice Hortefeux, François Fillon et Jean-Louis Borloo, à la sortie du conseil des Ministres, le 3/8/2010. (AFP - Martin Bureau)

Officiellement, aucune consigne n'a été donnée. Mais compte tenu des affaires touchant certains ministres depuis la mi-juin, et en ces temps de rigueur budgétaire, la plupart resteront en France.

Le chef de l'Etat, qui partira d'ici mercredi pour le Cap-Nègre, leur a "conseillé" "se reposer" mais aussi de rester "mobilisés" a précisé Luc Chatel.

Nicolas Sarkozy a rappelé "qu'on était ministre 24 heures sur 24, 365 jours par an et qu'il fallait être particulièrement vigilant quand on était au service des Français", a également rapporté le porte-parole du gouvernement.

Le prochain Conseil étant fixé au 25 août, les ministres ont donc trois semaines pour se ressourcer. Une pause à ne pas négliger car la rentrée politique s'annonce chargée voire périlleuse pour la majorité.

Outre le dossier des retraites, les thèmes de la sécurité, de la santé et de la justice seront au centre des débats, autant de sujets sur lesquels l'opposition sera au rendez-vous.

En clair, l'été sera plus ou moins studieux. Et si certains misent sur la trêve estivale pour se faire oublier, d'autres en profiteront pour affiner leur projet.

Sobriété pour les uns, réflexion pour les autres

Ainsi Pierre Moscovici (PS) et Corinne Lepage (Cap21) débattront sur le projet pour 2012 à côté des Verts-Europe Ecologie. Le rendez-vous est prévu le 20 août, à Nantes.

D'ici là, le cercle des participants pourrait s'élargir. Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a été invité mais doit encore préciser son calendrier et un membre du PCF devrait faire le déplacement selon le n°2 des Verts, Jean-Vincent Placé, également membre du bureau exécutif d'EE.

Les partisans de Dominique de Villepin pourraient eux bien profiter de la pause "aoûtienne" pour finaliser leurs tractations.

Vers un nouveau groupe parlementaire à l'Assemblée ?
Dans une interview accordée jeudi à Libération, la député Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République solidaire - mouvement lancé le 19 juin par l'ex Premier ministre - annonçait qu'elle pourrait quitter le groupe UMP pour créer, avec une quinzaine d'autres parlementaires de droite et du centre, dont le président du Modem François Bayrou, un nouveau groupe parlementaire à l'Assemblée nationale.

Interrogé sur le bilan de Nicolas Sarkozy après trois années passées à la tête du pays, Mme Montchamp ne mâche pas ses mots.

"Nous sommes à un vrai tournant marqué par trois renoncements de l'exécutif, qui provoquent dans la majorité des clivages politiques de plus en plus palpables. Le premier est le renoncement à la réforme. (...) Le second renoncement est plus profond : on n'ose plus regarder la société française en face. (...) On se voile la face. Le troisième renoncement, c'est qu'on ne voit plus rien au-delà des échéances électorales de 2012."

Parmi les mesures dénoncées par la député, le paquet fiscal de 2007. "Comment peut-on demander au pays des efforts pour redresser ses comptes, réformer les retraites, et faire un chèque de 30 millions d'euros en faveur d'une des plus grosses fortunes de France ? Allez parler après de justice fiscale !" souligne encore la députée.

L'UMP rêve de calme
Du côté du camp présidentiel, la pression n'a cessé de monter depuis la mi-juin, avec une succession de scandales: de la double rémunération de l'ex-ministre du Logement Christine Boutin, aux cigares du secrétaire d'État au Développement de la région capitale, Christian Blanc, en passant par l'affaire du logement de Fadela Amara et la location par l'ancien secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, d'un jet privé pour un voyage au Antilles facturé 116.500 euros sans oublier l'affaire Woerth/Bettencourt.

Si l'annonce d'un gouvernement resserré pourrait conduire certains ministres à réfléchir pendant leurs vacances à leur avenir professionnelle, d'autres pourraient en profiter pour soigner leur image.

"La politique est affaire de symbole et les vacances n'échappent pas à la règle" explique le politologue Frédéric Dabi (Ifop).

Symbole ou pas, toujours est-il que les ministres ont déjà choisi leur lieu de villégiature. François Baroin (Budget) ira dans la Creuse avec "le journal politique" de Winston Churchill dans ses bagages, Christine Lagarde (Economie) devrait opter pour les côtes méditerranéennes ainsi que Michèle Alliot-Marie (Justice) qui partagera son temps avec le Sud-Ouest. Quant à Benoist Apparu (Logement), il se rendra en Corse et en Grèce en emportant le livre-enquête de Florence Aubenas sur le travail précaire, "Le quai de Ouistreham".

Rendez-vous en août pour le PS

La première secrétaire du parti socialiste a prévu de se rendre en Bretagne puis en Italie mais elle sera de retour pour participer aux Universités d"été de La Rochelle.

Cette année, elles auront lieu du vendredi 27 au dimanche 29 août et devrait voir défiler les principaux ténors socialistes.

Quant à Ségolène Royal, toujours déterminée à tenter sa chance dans la course aux primaires, elle a fixé rendez-vous à ses partisans le 3 septembre en Vendée autour d'un "Débat Citoyen pour une Retraite Juste et Globale".