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Les journaux consacrent leur Une à l'élection de François Hollande à la présidence de la République

L'élection du candidat socialiste, François Hollande, au poste de président de la République fait la une de tous les quotidiens nationaux ce lundi 7 mai. La presse régionale consacre aussi une large part de ses colonnes au scrutin présidentiel.
Article rédigé par Catherine Rougerie
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Les Unes de la presse nationale, le 6 mai 2012. (CR)

L'élection du candidat socialiste, François Hollande, au poste de président de la République fait la une de tous les quotidiens nationaux ce lundi 7 mai. La presse régionale consacre aussi une large part de ses colonnes au scrutin présidentiel.

"François Hollande président", titre le Figaro. "Normal !", propose de son côté Libération.

"La victoire de François Hollande", a choisi de son côté Le Parisien.

Au-delà de leurs unes, tous les quotidiens reviennent abondamment lundi, sur l'élection du 7e présidente de la République française.

Libération - "La joie. La joie immense. Celle de voir une parenthèse se refermer, une malédiction se dissiper. Et de quelle manière ! François Mitterrand n'aura pas été une anomalie de l'histoire mais le premier président de gauche. Il y en a désormais un deuxième : François Hollande", écrit Nicolas Dermorand dans son édito.

Qu'est-ce que voter à gauche ? C'est se dire, en dépit de l'individualisme des sociétés contemporaines, qu'un "nous" existe. Que des idées comme la justice, l'égalité, le partage et la solidarité peuvent et doivent organiser la vie publique (...).

Savourons ce moment où un peuple décide de faire un tel choix. Et de regarder l'avenir. Car telle est désormais la tâche qui attend François Hollande. Réparer le pays, bien sûr. Refaire la société, évidemment. Réduire les inégalités de destin entre les Français, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent... Montrer que la France n'est pas qu'un patrimoine, une histoire, une grandeur passée... Le travail ne fait que commencer et il sera rude, dès demain. Mais aujourd'hui, soyez heureux et vivez pleinement ce joli mois de mai."

Le Figaro - "Les Français ont choisi. M. François Hollande est devenu hier soir le deuxième président socialiste de la Ve République. Désormais, il est donc le président de tous les Français. Ainsi le veut la démocratie. Nous saluons cette élection comme l'expression de la volonté majoritaire", commente Etienne Mougeotte.

"Bienvenue, donc, Monsieur le Président. Nous avons à cet instant une pensée pour Nicolas Sarkozy. Il a été dignement défait après s'être battu jusqu'au dernier souffle. L'histoire jugera son quinquennat et retiendra que, ayant affronté la pire crise économique et financière de ces cinquante dernières années, il a néanmoins engagé des réformes capitales...

Le président François Hollande entend rassembler tous les Français, qui pourrait le lui reprocher ? Mais voilà qui impose au nouveau président, après avoir réuni les gauches, de prendre en compte tous les autres, à commencer par le peuple de droite, orphelin depuis la défaite de son champion. Gouverner, c'est choisir, c'est surtout aller à l'essentiel... Il n'y a pas une minute à perdre..."

La presse régionale

Nord Eclair - Pour Patrick Pépin, "La réussite et l'échec signent l'opposition de deux tempéraments. De deux regards sur la France. De deux conceptions de la République..."

La victoire de "François Hollande repose sur quatre piliers. Le premier d'entre eux ce sont les primaires qui lui ont donné une légitimité solide. Le deuxième pilier c'est celui de la constance dans le discours et l'argumentaire... Troisième pilier, son tempérament... Et enfin quatrième pilier, ses convictions politiques qui l'autorisent à parler à un public plus large que celui traditionnel de la gauche."

Le Républicain lorrain - Pour Philippe Waucampt, "(...) La page est tournée. Une autre s'ouvre, guère écrite d'avance si l'on songe à l'ampleur des difficultés attendant le nouveau président. En tout cas, cette élection lève une hypothèque, celle de Nicolas Sarkozy dont la défaite était déjà inscrite dans l'accumulation de fautes symboliques ayant entaché les débuts du quinquennat...

Une telle issue doit beaucoup au parcours de François Hollande. Sous-estimé par tout le monde - la droite, bien sûr, mais aussi ses propres amis politiques - l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste a mené une campagne intelligente et nuancée. En montrant que la gauche offrait une option crédible, le candidat socialiste a gagné à lui, au-delà de son électorat naturel, les voix de ceux ayant pris conscience de ce qu'il n'y avait rien à attendre de la rigueur budgétaire si celle-ci n'était pas assortie de la croissance".

Les Dernières Nouvelles d'Alsace - Pour Peter Pfeil, " (...) Rarement campagne présidentielle aura connu pareille linéarité. Propulsé par le formidable tremplin des primaires inventées par le parti socialiste, établi depuis six mois sur le devant de la scène, François Hollande a fait de bout en bout la course en tête. Il a gagné grâce à l'unité de la gauche (un exploit !);

Le Midi Libre - Philippe Palat écrit : "(...) François Hollande a triomphé là où on ne l'attendait pas. Lui qui avait laissé un Parti socialiste en déliquescence, lui qui n'a jamais connu les ministères et les ors de la République hormis comme invité, lui qui semblait condamné à jouer les seconds rôles derrière un Dominique Strauss-Kahn promis à la victoire, a vaincu tous les obstacles... Sans jamais dévier de sa ligne... Il a affiché ses ambitions pour une France différente. Humaniste. Solidaire et laïque... il a imposé sa voie...

N'empêche: le pouvoir d'achat, la sécurité, la dette, le chômage, les frontières... constituent, dès aujourd'hui, les dossiers épineux qui attendent le futur locataire de l'Élysée...".

La Voix du Nord - Jean-Michel Bretonnier commente : "(...) L'envie de rupture avait fait gagner Nicolas Sarkozy en 2007. Cinq ans plus tard, c'est l'envie d'alternance qui l'a fait perdre. Entre les deux dates,
deux crises violentes et une présidence électrique. Le président sortant aura pendant cinq ans tout misé sur sa personne, son énergie, son volontarisme, choisissant de présider et de gouverner à la fois...

L'homme qui l'a battu s'était posé, depuis un an, comme son contraire. Normal, apaisé, rassembleur, présidentiel. Il aura cru en son étoile quand on ne lui donnait aucune chance... Mais il lui faudra aussi réconcilier les deux France, celle qui croit en ses chances et celle qui n'y croit plus. Cette bataille-là sera économique et politique : quels choix de gestion pour construire quelle France, dans le monde tel qu'il est ?"

La République du Centre - Selon Jacques Camus : "(...) À quoi tient la destinée exceptionnelle d'un homme? À son talent bien sûr, mais aussi aux fautes ou aux erreurs de ses concurrents. Sans oublier les duretés de la crise traversée par le pays au cours du quinquennat écoulé.

Bien sûr, le plus dur commence pour François Hollande. Sa chance tient à ce que, dans le contexte actuel, personne n'attend de lui le moindre miracle. Il lui faudra cependant répondre aux demandes de justice et de solidarité des électeurs, et aux exigences sociales de ses turbulents alliés. Cela sans creuser les déficits. Le moment est maintenant venu pour François Hollande de se méfier de ses amis."

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