Les candidats à la primaire socialiste se veulent branchés 2.0

Les candidats à la primaire socialiste ont tous affirmé sur ce même site qu’ils donnaient une forte importance aux réseaux sociaux et que leur présence y était essentielle pour la présidentielle. Vraiment ?

Facebook et twitter font partie de la stratégie politique des candidats à la primaire socialiste.
Facebook et twitter font partie de la stratégie politique des candidats à la primaire socialiste. (Julien Thomazo / Photononstop)

Les candidats à la primaire socialiste ont tous affirmé sur ce même site qu'ils donnaient une forte importance aux réseaux sociaux et que leur présence y était essentielle pour la présidentielle. Vraiment ?

Un blog, un site, un compte Twitter et bien sûr Facebook. Les candidats à la primaire socialiste semblent numériquement bien armés pour les prochaines échéances. Ils trouvent ces réseaux « formidables » car ils représentent un lieu de débat. Ces débats se font toujours attendre. Pour la majorité des concurrents à la primaire, leur présence sur les réseaux sociaux, n'est qu'une vitrine.

Martine Aubry est l'exemple parfait de cette tendance. de la première secrétaire du Parti Socialiste est tapissé de petits messages comme "ce soir, Martine Aubry est l'invitée du journal de 20h sur TF1. N'hésitez pas à réagir dans les commentaires !". Pour le rendre plus vivant, il est parsemé de quelques déclarations personnelles : "Impatiente de voir la victoire des Libyens sur Kadhafi. Vive le courage des peuples pour la liberté et la démocratie ! M.A ". Sur Facebook comme , ses déclarations sont toujours signées de ses initiales. Un communiqué de presse et un post Facebook, c'est du pareil au même. Car c'est justement une équipe de communication qui s'occupe d'animer les comptes de la candidate.

Sur Présidentielle 2012, Martine Aubry avait déclaré : "Les réseaux sociaux représentent une formidable opportunité pour échanger et diffuser à chacun de l'information, des prises de position, des idées, selon un rythme, une proximité et des codes qui ne sont pas ceux des médias traditionnels". Sauf que voilà, son "équipe de campagne" a adopté les mêmes codes. Son compte Twitter par exemple, n'est pas un lieu de dialogue. C'est juste un moyen de communiquer l'agenda de la candidate. La maire de Lille a 14 362 abonnés sur le compte du petit oiseau et 1296 personnes qui "l'aiment" sur Facebook. Celle qui était plus que méfiante des réseaux sociaux, et globalement du net, vecteur de rumeurs pernicieuses, a dû opérer une reconversion.

Depuis l'élection de Barack Obama, les politiques français ont compris que Twitter et la vie politique étaient compatibles. Pour 2012, les candidats ont donc mis le paquet mais ne se sont pas approprié l'outil. La communication reste contrôlée, programmée, la spontanéité propre aux réseaux sociaux y est rare, du moins du côté des candidats.

Plebiscité sur Twitter

Pour François Hollande, l'approche de ces réseaux est semblable à celle de M.A. Sauf que l'ancien secrétaire du Parti Socialiste y est plus plébiscité que sa collègue sur Twitter, comme dans les sondages d'ailleurs. Il est suivi par 20 003 usagers de ce réseau. Sur Facebook, c'est Martine Aubry qui l'emporte, le député de la Corrèze "n'est aimé que" par 9 047 personnes. sont tout de même plus personnels. Lors de son anniversaire, il a remercié "tous ceux qui ont tweeté pour (ses) 57 ans". Mais l'interaction avec les internautes est presque inexistante. Sur c'est l'opposé. Le candidat à la primaire socialiste est sans cesse interpellé, interrogé, sollicité par les membres de sa page. Les réponses de François Hollande n'arrivent toujours pas.

A la traîne

Jean-Michel Baylet "conscient de l'importance" des réseaux sociaux, avait promis d'y être très présent. Pour l'instant ce n'est pas vraiment le cas. , pas très nombreux, ressemblent beaucoup à ceux de Martine Aubry. Un meeting par ci un déplacement par là, et parfois un coup de guele : "Limiter internet nous renverrait dix ans en arrière". C'est l'outsider de la primaire socialiste qui reste derrière les autres candidats. Sa stratégie numérique semble moins offensive.

Inspiré d'Obama

, lui, est peut-être le candidat à la primaire le plus "branché web". Inspiré par la campagne 2.0 du candidat Obama, le député de Saöne-et-Loire ne se contente pas de faire de la com. Il s'exprime à la première personne, répond quand on s'adresse à lui , moins Il tweete même des #FF, un code sur Twitter pour recommander un usager que l'on trouve intéressant, le symbole même de l'interaction sur ce réseau. Armaud Montebourg a 11 374 fans sur sa page Facebook, et est suivi par 16 650 abonnés de Twitter.

La championne sur Facebook

Ségolène Royal, comme ses collègues, estime qu'"internet est désormais un outil indispensable pour débattre avec les citoyens". Elle écrit elle-même et elle intervient constamment sur . Sa stratégie numérique semble marcher car elle a 28 212 fans Facebook et 15 985 "followers" sur Twitter. C'est elle la championne socialiste sur Facebook.

Le petit nouveau

Pour avoir accès à l, il faut lui demander d'être accepté en tant qu'ami. Il a déjà reçu 4511 demandes, beaucoup moins que ses adversaires. Sur ce réseau, il a opté pour une stratégie différente à celle des autres candidats : le demander en tant qu'ami semble freiner les internautes. Ceux qui ont une page ouverte destinée aux fans, au lieu d'avoir une page privée, ont plus de succès. A moins que son nombre d'amis soit un reflet de la faible intention de vote qu'ont témoigné les électeurs pour lui. Il n'est suivi "que" par 3 151 abonnés à Twitter, mais ce nombre n'est pas gravé sur le marbre. Il débarque à peine sur les deux réseaux : "je suis un nouvel utilisateur de ". Mais il semble déjà les maîtriser. Et il est le seul à s'adresser directement à sa concurrence sur le réseau du petit oiseau où il est particulièrement actif.

L'ancien ministre du Budget, Alain Lambert (UMP), est un des politiques le plus connectés. Pour lui, Linkedin, Google+ et Flickr et bien d'autres sont un jeu d'enfants. Il reprochait récemment à ses confrères de tous bords de ne pas connaître les réseaux sociaux : "C'est un vrai problème et il faut impérativement que nos gouvernants s'habituent à ces nouveaux modes de communication. Ca ne va pas leur demander un effort considérable, il faut qu'ils comprennent comment ça fonctionne et qu'ils jouent le jeu. Ils savent assez bien le jouer dans un comice agricole ou dans une cérémonie, et généralement, on leur trouve un peu de talent pour distribuer des poignées de mains et des bisous aux vieilles dames, donc ils devraient arriver aussi à trouver leur place dans les réseaux sociaux".