Législatives : les communistes face à "la tentation hégémonique" du PS

Après le bon score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, les communistes aimeraient renforcer la puissance de leur groupe parlementaire à l'Assemblée. Pas forcément du goût du PS...

Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, et le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, lors d\'une conférence de presse à Besançon (Doubs), le 24 janvier 2012.
Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, et le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, lors d'une conférence de presse à Besançon (Doubs), le 24 janvier 2012. (REVELLI-BEAUMONT / SIPA)

Les communistes comptaient dix-neuf députés au cours de la législature qui s'achève : combien en auront-ils au lendemain des élections des 10 et 17 juin ? Après le bon score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle (11,1%), le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, rêve aujourd'hui d'un groupe "renforcé". Mais les négociations avec le PS, nécessaires pour atteindre cet objectif, se révèlent pour le moins délicates.

• Combien de candidatures uniques à gauche ?

C'est justement sur cette question que portent les discussions ces jours-ci entre communistes et socialistes. Sur les 577 circonscriptions que compte la France, le PS en a déjà accordé une soixantaine aux Verts, en vertu d'un accord conclu dès l'automne. Martine Aubry a indiqué mercredi que le PS et le Front de gauche pourraient également présenter des candidatures communes dans 55 circonscriptions, indiquant qu'un tel accord était "en bonne voie".

Problème : au même moment, Pierre Laurent, au PCF, ne faisait pas la même lecture des discussions. "La question n'est pas celle du nombre de circonscriptions dans lesquelles il y aura des candidatures communes, mais du nombre de circonscriptions où un candidat communiste sera en mesure de l'emporter." Le Front de gauche aimerait que le PS s'efface dans toutes les circonscriptions où des députés communistes sortants se représentent, ainsi que dans une quinzaine de circonscriptions "gagnables". Ce qui permettrait au groupe communiste à l'Assemblée de passer de dix-neuf députés aujourd'hui à une trentaine demain.

Mais pour l'instant, ces circonscriptions "gagnables" que le PS propose au PCF et au Parti de gauche se comptent sur les doigts d'une main : entre une et trois selon les sources. "La tentation hégémonique du PS est encore très présente, constate Pierre Laurent. Si les socialistes ne prennent pas en compte l'ampleur de la mobilisation du Front de gauche, il va y avoir un problème..."

• Et Jean-Luc Mélenchon dans tout ça ?

D'abord pas très enthousiaste à l'idée de devenir député, l'ancien sénateur socialiste et actuel député européen a finalement été sensible aux appels de ses camarades. Reste à savoir où le candidat du Front de gauche à la présidentielle se présente.

Un temps annoncé dans la sixième circonscription de Paris face à Cécile Duflot, puis dans la troisième du Val-de-Marne et la troisième des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon a également vu son nom cité en Gironde. Aujourd'hui, l'hypothèse la plus probable l'envoie dans la deuxième circonscription de l'Hérault, où le député socialiste sortant André Vézinhet ne se représente pas. Mais selon La Voix du Nord, il réfléchirait aussi à (re)croiser le fer avec Marine Le Pen dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont.

Verdict dans les heures à venir.