Législatives : le PS impose Royal à La Rochelle

Deux conseillères municipales souhaitaient défier la candidature de Ségolène Royal, via un vote des militants. La direction du PS en a décidé autrement. 

Ségolène Royal, le 17 novembre 2011 à Tours.
Ségolène Royal, le 17 novembre 2011 à Tours. (GUILLAUME SOUVANT / SIPA)

Ségolène Royal n'aura pas à se soumettre à une primaire supplémentaire. Le bureau national du Parti socialiste a décidé, mardi 22 novembre, de lui réserver la circonscription de La Rochelle pour les législatives, en dépit de candidatures adverses.

Patron de la fédération départementale, Olivier Falorni était initialement candidat à la succession du député-maire de La Rochelle, Maxime Bono. Mais Ségolène Royal, qui vise la présidence de l'Assemblée nationale en cas de victoire de la gauche l'an prochain, avait reçu l'appui de la direction nationale du PS pour s'y implanter. "Un parachutage pathétique et insupportable", estimaient Falorni et ses amis, de la part de celle qui est initialement élue dans les Deux-Sèvres voisins. 

Deux candidates voulaient défier Royal

Pour tenter de faciliter la tâche de Ségolène Royal, le bureau national du PS avait d'abord décidé, début novembre, de réserver la circonscription à une femme, barrant de facto la route à Olivier Falorni. Et ce en dépit d'une motion du congrès fédéral, adoptée à 24 voix contre 19, qui souhaitait ouvrir le vote à une candidature masculine.

Mais l'horizon s'était à nouveau assombri pour Ségolène Royal, après la candidature de la conseillère générale et municipale Patricia Friou (avec Olivier Falorni comme suppléant), et celle de la conseillère municipale et secrétaire de la section PS de La Rochelle, Nanou Jamouillé. Un vote des militants, prévu le 1er décembre, aurait alors dû permettre de départager les trois concurrentes. 

"Une décision particulière pour un statut particulier"

Finalement, la direction du PS a décidé de hausser le ton, en imposant définitivement la candidature de Ségolène Royal à La Rochelle. "Il y a eu unanimité du bureau national" pour dire que "la première circonscription de Charente-Maritime était fléchée pour [sa] candidature", indique le secrétaire national aux élections, Christophe Borgel.

"Cette décision peut sembler particulière, mais Ségolène Royal a un statut particulier", fait-on valoir dans l'entourage de la présidente de Poitou-Charentes. "Il ne faut pas oublier que Maxime Bono, qui cède son siège de député l'an prochain, était favorable à la candidature de Ségolène à La Rochelle", appuie l'une de ses proches, Najat Vallaud-Belkacem.

La réaction des militants et responsables socialistes rochellois ne s'est pas fait attendre. Dans Sud Ouest, Olivier Falorni dénonce "une insulte pour les militants de la fédération. Une honte absolue, c'est le parachutage de la honte. C'est une humiliation pour nous mais aussi pour Ségolène Royal, elle fuit le vote des militants, elle a peur de perdre. Ah c'est ça la démocratie participative de Mme Royal !"