Le gouvernement veut prolonger l'état d'urgence jusqu'à la fin de l'Euro 2016

Le ministre de l'Intérieur présente ce matin une communication en Conseil des ministres en vue de prolonger l’état d’urgence jusqu’à la fin de l’Euro 2016.

(François Hollande l'a plusieurs fois répété, la démocratie ne peut s’accommoder d’une longue mise entre parenthèses des libertés fondamentales © Sipa)

C'est une information France Info : le gouvernement veut prolonger l'état d'urgence. Le ministre de l’Intérieur présente ce mercredi matin une communication en Conseil des ministres en vue de prolonger l’état d’urgence jusqu’à la fin de l’Euro 2016. L'état d'urgence donne des pouvoirs accrus aux forces de l'ordre (assignations à résidence, perquisitions administratives de jour comme de nuit). Décrété au lendemain des attentats de Paris, il a déjà été prolongé à deux reprises et prévaut jusqu'au 26 mai. Le Parlement devrait donc être saisi pour le maintenir quelques semaines de plus. 

Un cauchemar en matière de lutte anti-terroriste 

10 juin-10 juillet… l'Euro 2016 : un mois de liesse populaire, de rassemblements dans les stades et les fans zones, un cauchemar en matière de lutte anti-terroriste. C'est bien pour sécuriser cet événement-là que le gouvernement s'apprête à demander au parlement la prolongation de l'état d'urgence. Non pas pour trois mois comme les deux dernières fois, mais pour une durée plus courte, qui pourrait être laissée à l'appréciation des parlementaires. Zone d'éviction, perquisitions, assignations à résidences : le champ d'application de l'état d'urgence pourrait lui aussi être défini à l'Assemblée et au Sénat. 

Une longue mise entre parenthèses des libertés fondamentales 

Des précautions à la hauteur du risque politique encouru : François Hollande l'a plusieurs fois répété, la démocratie ne peut s’accommoder d’une longue mise entre parenthèses des libertés fondamentales. Par ailleurs, un texte était censé prendre le relais de l'état d'urgence : la réforme de la procédure pénale, votée à l'Assemblée et au Sénat, mais qui n'a pas fini son parcours parlementaire. Pour parer aux critiques, l'exécutif prépare le terrain : "L'état d'urgence n'empêche pas les rassemblements", "la liberté de manifester est conciliable avec l'ordre public", soulignent plusieurs conseillers. Les agriculteurs, les taxis, les anti-loi travail, et les "Nuit debout" pourront en témoigner…

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