Le Front national pointé du doigt pour ses comptes de campagne

Les dépenses de campagne du FN pour les départementales 2015 sont surévaluées de 1,2 million, selon la commission de contrôle. Une partie des frais ne sera donc pas remboursée.

(Marine Le Pen en meeting pour les départementales 2015, à Paris. © MaxPPP)

Le Front National est pointé du doigt pour ses comptes de campagne lors des dernières élections départementales. Dans son rapport annuel, la Commission nationale des comptes de campagne révèle qu'elle a refusé de lui rembourser plus de 1 million d'euros sur les 9,5 millions qu'il réclamait à l'issue de cette élection. 

Le FN est le plus mauvais élève de la classe politique. Il représente à lui seul plus de la moitié (55%) des 2,18 millions d'euros que la Commission nationale des comptes de campagne a refusé de rembourser aux candidats, à l'issue des élections départementales.

Le FN avait présenté plus de 1 900 candidats en binômes lors de ce scrutin, en mars 2015, et avait obtenu 62 élus. Il réclamait 9,56 millions d'euros de remboursements, remboursements plafonnés à 4 000 euros environ par candidat dans ce type de scrutin. Et ce sont principalement des frais d'impression et de publication que la commission a refusé de prendre en compte. Au total, 1,2 million d'euros ont été rejetés.

Le FN dénonce des candidats "mis sous tutelle" 

Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front National, s'insurge : "Ils ne sont pas imprimeurs, ces gens-là, c'est pas la Poste ! Si la commission, à l'intérieur de ces 3 000 à 4 000 euros [de frais par candidat], commence à s'appesantir sur le bien-fondé de telle dépense par rapport à l'élection, à mon avis, elle dépasse complètement son rôle et met les candidats en tutelle, ce qu'elle n'a pas le droit de faire. Et c'est une dérive assez grave." Wallerand de Saint-Just est le trésorier du FN, mais pas celui de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen à qui les candidats ont emprunté l'argent pour leur campagne.

La justice s'intéresse aussi au financement des campagnes électorales du FN. Pour celles de 2012, le parti et 7 autres personnes ont été mis en examen le 9 septembre dernier. Les magistrats les soupçonnent d'avoir mis en place un système d'enrichissement frauduleux avec de l'argent public.