Le FN a officialisé mercredi les candidatures de Marine Le Pen et Bruno Gollnisch à la succession du président du parti

Après avoir régné pendant près de 40 ans à la tête du mouvement qu'il a lui-même fondé, Jean-Marie le Pen passera la main lors du prochain congrès du FN à Tours, les 15 et 16 janvier 2011. Qui des deux vice-présidents exécutifs du FN, Bruno Gollnisch ou Marine Le Pen, succèdera à Jean Marie Le Pen ?

Marine Le Pen - Bruno Gollnisch
Marine Le Pen - Bruno Gollnisch (AFP - Joel Saget)
Après avoir régné pendant près de 40 ans à la tête du mouvement qu'il a lui-même fondé, Jean-Marie le Pen passera la main lors du prochain congrès du FN à Tours, les 15 et 16 janvier 2011.

Qui des deux vice-présidents exécutifs du FN, Bruno Gollnisch ou Marine Le Pen, succèdera à Jean Marie Le Pen ?

Jean-Marie Le Pen soutient sa fille

Quel que soit le vainqueur, l'événement fera date. Depuis sa création en 1972, un seul homme a présidé à la destinée du FN et porté à cinq reprises les couleurs du parti à l'élection présidentielle: Jean-Marie Le Pen.

Jusqu"à présent, le leader charismatique n'avait pas officiellement pris parti pour l'un des deux rivaux même si ses déclarations à mot couverts laissaient entendre sa préférence pour sa fille.

Mercredi, il a levé les éventuels derniers doutes. Dans une interview à France Soir, Jean-Marie Le Pen apporte son soutien à sa fille Marine.

"Elle a les qualités nécessaires et j'espère suffisantes pour assumer demain les fonctions auxquelles elle aspire: d'abord la présidence du Front national, ensuite une candidature à l'Elysée", affirme Jean-Marie Le Pen dans cet entretien où intervient aussi sa fille. Voyant chez elle "une chance pour la France", le président du FN estime aussi que "Marine a les qualités physiques, mentales, psychologiques, intellectuelles, affectives, caractérielles nécessaires".

Et pour enfoncer le clou, M. Le Pen ajoute: "Il (Bruno Gollnisch) ferait demain un très bon ministre des Affaires étrangères" en évoquant l'hypothèse d'une victoire de sa fille à l'Elysée, ce qu'il vivrait "comme une joie profonde". "Il a une culture très vaste, des convictions très établies, une vie exemplaire", mais "le problème de Gollnisch", poursuit M. Le Pen, "c'est que ses amis sont extérieurs au Front, parce qu'ils l'ont quitté: Carl Lang, Bernard Antony, Jacques Bompard...".

Le nom du nouveau président sera connu début 2011
Il faudra attendre la mi-janvier pour connaître le nom de celui ou celle qui incarnera le FN de "l'après Jean-Marie Le Pen" et sera le candidat à la présidentielle de 2012.

Tous les trois ans en effet, le Front National réunit ses cadres et militants pour élire le Comité Central, le Président, et, élaborer les plates-formes électorales du mouvement. Le dernier Congrès s'était tenu à Bordeaux les 17 et 18 novembre 2007 et avait vu la réélection dans un fauteuil de Jean Marie le Pen.

Les atouts des candidats
Si les deux rivaux présentent des atouts, Marine le Pen a une longueur d'avance en parvenant à s'imposer dans le paysage politique et médiatique.

Tout en maintenant les fondamentaux du parti: dénonciation de l'immigration et de l'insécurité, retour au franc, rétablissement de la peine de mort, etc., la fille de Jean-Marie Le Pen a réussi à donner une image plus moderne du FN.

Plus conservateur, Bruno Gollnisch, 62 ans, se présente comme "homme de convictions", met en avant sa "constance" en politique et promet de ne pas céder à ce qu'il qualifie de "police de la pensée" ou de "dictature du politiquement correct".

La balle est désormais dans le camp des adhérents. Le FN en revendique 75.000, en y incluant les sympathisants, répartis dans les 100 fédérations de métropole et d"Outre-mer.

Un chiffre sans doute à nuancer. Lors de la scission de décembre 1998, la justice qui avait eu accès au fichier d"adhérents en avait dénombré 42.000. Et aujourd"hui, il y en aurait à peine la moitié selon le chercheur Jean-Yves Camus, spécialiste de l"extrême-droite.

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Pour en savoir plus sur les enjeux de cette élection, nous avons interrogé Jean-Yves Camus, chercheur associé à l"Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de l"extrême droite française revient sur les atouts des deux candidats et l"avenir du Front National. .