UMP : la commission Juppé "livrera ses conclusions sous 15 jours"

C'est ce qu'a annoncé Jérôme Lavrilleux, représentant de Jean-François Copé à la commission électorale de l'UMP (Cocoe). 

Alain Juppé, le 8 juin 2012 à Bordeaux.
Alain Juppé, le 8 juin 2012 à Bordeaux. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

CHAOS A l'UMP – La tâche d'Alain Juppé s'annonce des plus difficiles. Sa proposition de créer une instance collégiale pour réexaminer les résultats de l'élection du président de l'UMP, a été acceptée jeudi 22 novembre par les clans Fillon et Copé. 

Dans un communiqué publié en début de soirée, dont il a tweeté l'essentiel, le maire de Bordeaux a détaillé ce qu'il entendait mettre en œuvre pour tirer l'UMP de l'impasse : "La commission que je présiderai livrera ses conclusions sous quinze jours" et "se réunira dès le début de la semaine prochaine", a-t-il indiqué. Elle auditionnera "le président de la commission des recours pour fixer avec lui un calendrier de travail" ainsi que "le président de la Cocoe pour apprécier les conditions dans lesquelles cette commission a proclamé les résultats."

Constituée de cinq membres, dont deux seront choisis par chacun des camps, la commission tentera de mener à bien cette médiation. Francetv info revient sur les trois raisons qui rendront sa tâche d'autant plus ardue. 

1Parce que les accusations de tricheries se font plus virulentes 

Le représentant de Jean-François Copé à la commission électorale de l'UMP (Cocoe), Jérôme Lavrilleux, a profité de sa conférence de presse pour laver le linge sale de l'UMP en public. Documents à l'appui, il a ainsi dénoncé les "irrégularités grossières" et "le bourrage d'urne massif", notamment dans la circonscription des Alpes-Maritimes d'Eric Ciotti, proche de François Fillon.

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Selon lui, à Mayotte, Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie, "l'ensemble des opérations électorales sont contradictoires aux règles de la Cocoe et ces résultats ne peuvent en aucun cas être pris en compte dans les résultats" définitifs. Ces voix, lesquelles pourraient changer l'issue de l'élection, selon la Cocoe elle-même, ne font pas l'objet d'un recours de la part de François Fillon, note le soutien de Jean-François Copé qui poursuit, accusateur : "Il convient de se poser la question de pourquoi [François Fillon] refuse obstinément de déposer un recours" auprès de la commission électorale de l'UMP. 

2Parce qu'un désaccord subsiste sur la forme que prendra l'instance Juppé

Si les clans Fillon et Copé ont accepté la proposition d'Alain Juppé, ils ne partagent pas la même vision du rôle de cette dernière. Pour désigner l'instance collégiale, Jérôme Lavrilleux évoque un "échelon supérieur", lequel devra prendre en compte "les conclusions à la fois de la Cocoe, mais aussi de la commission nationale des recours". Or les fillonistes, qui considèrent que cette dernière est favorable à Jean-François Copé, ne sont pas du tout sur la même longueur d'onde. 

Valérie Pécresse, pro-Fillon, a ainsi refusé qu'Alain Juppé rende son arbitrage sur l'élection à l'UMP après les travaux de la commission des recours du parti. Selon elle, cela le réduirait au rôle de "censeur d'une décision d'une commission remplie de membres copéistes, a-t-elle dit, interrogée dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "La médiation Juppé, c'est rendre Alain Juppé juge des résultats de l'élection sur la base d'une commission totalement impartiale, a-t-elle fait valoir. Elle souhaite donc que seule la commission Juppé ait le pouvoir de trancher.

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"Si Jean-François Copé ne veut pas saisir la proposition Juppé, c'est parce qu'il sait très bien qu'Alain Juppé et sa commission indépendante ne retrouveront aucune des irrégularités qu'il a déballées devant des journalistes", a-t-elle ajouté, se défendant de toute tricherie de la part de son camp.  

Mais de son côté, Jean-François Copé persiste et signe : "La commission des recours examinera tous les bureaux de vote (...) : les régularités et les graves irrégularités constatées", a-t-il indiqué à France Télévisions. Selon lui, la commission Juppé agira "dans un deuxième temps", comme "un conseil de surveillance", indique-t-il. 

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3Parce que la Justice pourrait s'en mêler 

Les déclarations de Jérôme Lavrilleux sur d'éventuelles tricheries en faveur de François Fillon au cours du vote dans la fédération des Alpes-Maritimes pourraient lui causer des ennuis judiciaires, a annoncé Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes. Sur Twitter, le soutien de l'ancien Premier ministre a fait allusion à une possible plainte pour diffamation contre le représentant de Jean-François Copé au sein de la Cocoe.

"C'est avec indignation et colère que j'ai pris connaissance des propos tenus" par Jérôme Lavrilleux, qui "sont à la fois mensongers et calomnieux", a ajouté l'élu dans un communiqué. "Contrairement aux accusations graves portées à mon encontre, je ne suis en aucune façon responsable de l'organisation du scrutin" dans "le bureau de vote de la 1e circonscription des Alpes-Maritimes dont je suis le député, a-t-il dit avant de renvoyer les accusations au camps de Jean-François Copé : "C'est Mme Michèle Tabarot, principale soutien de M. Copé qui, en sa qualité de secrétaire départementale de la fédération UMP des Alpes-Maritimes, a eu en charge, seule d'abord, l'organisation des élections, puis la dernière semaine" comme "co-organisatrice", a assuré Eric Ciotti.