Législatives : "Je n'ai jamais été homophobe", assure un candidat En marche ! qui qualifiait en 2012 l'homosexualité d'"abomination"

En 2012, Olivier Serva, candidat aux législatives pour La République en marche, qualifiait l'homosexualité d'"abomination". Contacté par franceinfo, il réfute toute homophobie.

Olivier Serva, le 1er novembre 2016, sur le plateau de \"Politique première\".
Olivier Serva, le 1er novembre 2016, sur le plateau de "Politique première". (LAURENT SALCEDE / LA 1ERE)

"Pour moi, être tolérant, ce n'est pas accepter l'intolérable." Dans une vidéo de 2012 dénichée par Streetpress, Olivier Serva, candidat aux législatives en Guadeloupe pour La République en marche, qualifie l'homosexualité d'"abomination". "Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, le Deutéronome, il est écrit que quand un homme couche avec un homme ou qu'une femme couche avec une femme, c'est une abomination", développe-t-il dans le cadre d'un débat sur le mariage pour tous diffusé par la chaîne Guadeloupe 1ere.

"Je n'ai jamais été homophobe"

Contacté par franceinfo, Olivier Serva est un peu embarrassé par cette archive. "Ces propos sont sortis de leur contexte. Il y a cinq ans, nous étions en plein débat sur la loi pour le mariage pour tous, raconte celui qui était alors président du mouvement politique local Eko Zabym. A l'époque, j'avais fait valoir mes convictions." Depuis, "de l'eau a coulé sous les ponts". "La loi est passée, je respecte le mariage pour tous", assure-t-il, avant de lâcher :

Je n’ai jamais été homophobe, j’ai beaucoup d’amis homosexuels. Je respecte le choix de chacun.Olivier Serva, candidat En marche ! en Guadeloupeà franceinfo

Le candidat de La République en marche dit comprendre que ses propos puissent choquer ou blesser. "Si ces propos ont pu choquer ou blesser, j'en suis fort désolé, ce n'était pas mon objectif et je m'en excuse", déclare-t-il.  

Contacté par franceinfo, le président de la Commission nationale d'investiture d'En marche ! se félicite d'abord de la révélation de cette affaire. "Je suis ravi de voir que l'opacité recule par la vigilance citoyenne. Le fait que les citoyens surveillent ce que disent ou ont dit leurs candidats est salutaire", confie Jean-Paul Delevoye.

Il rappelle qu'Olivier Serva a signé "un engagement sur le projet présidentiel, dans lequel il n'y a aucune ambiguïté" sur le mariage homosexuel. "S'il maintient ses propos, l'investiture lui sera retiré", poursuit le cadre d'En marche !. A l'écoute des explications et des excuses que nous a présentées le candidat, Jean-Paul Delevoye estime qu'il n'y a, "dans ce cas-là, pas de problème" à maintenir l'investiture : "Nous sommes favorables à la bienveillance, on peut se tromper et évoluer".