VIDEO. Dîners fastueux de François de Rugy : un député Les Républicains demande "qu'il soit auditionné devant la conférence des présidents"

Julien Aubert, député LR du Vaucluse, demande "que les 577 députés puissent avoir accès aux justifications du ministre et aux factures" de François de Rugy lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale.

RADIO FRANCE / FRANCEINFO

"S’il était prouvé que certains dîners" que le ministre de la Transition écologique et solidaire "qualifie d’informels étaient en réalité des dîners privés, il faudrait, comme n’importe quel député, rembourser de sa poche", a déclaré Julien Aubert, député du Vaucluse, secrétaire général LR et candidat à la présidence des LR, jeudi 11 juillet sur franceinfo. François de Rugy a été épinglé par Mediapart sur des dîners fastueux organisés quand il était président de l'Assemblée nationale.

franceinfo : Demandez-vous la démission de François de Rugy ?

Julien Aubert : Non, pas à ce stade parce que ce qui est arrivé n’est pas dans le cadre de ses fonctions de ministre et parce qu’il ne faut pas sauter aux conclusions. Il y a un article qui existe aujourd’hui et qui porte de lourdes accusations. Ce que j’ai demandé, c’est qu’il y ait de la transparence à l’intérieur de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire que les 577 députés puissent avoir accès aux justifications du ministre et aux factures et qu’il soit auditionné devant la Conférence des présidents. Comme tout député, nous sommes soumis à un contrôle. François de Rugy poussait en disant qu’il fallait qu’on soit exemplaires, c’était le "chevalier blanc". Charité bien ordonnée commence par soi-même. S’il était prouvé que certains dîners qu’il qualifie d’informels étaient en réalité des dîners privés, il faudrait, comme n’importe quel député, rembourser de sa poche. Après il y a une question politique. On voit bien qu’il y a un contexte avec sa directrice de cabinet. Tout ceci fait très mauvais genre quand on sort d’une crise qui a agité plusieurs mois ce pays avec des gens qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois. Je pense qu’il y a en termes d’images quelque chose de désastreux.

Quand il était président de l’Assemblée, qu’a-t-il changé concrètement dans votre quotidien de député ?

Il a changé le nouveau système de contrôles des frais de mandat en poussant à la roue pour qu’il y ait le moins de marge de manœuvre possible, le plus de transparence, le plus de justificatifs. Aujourd’hui, on se retrouve avec une situation où vous avez un déontologue qui surveille vos frais. C’est assez lourd parce qu’on a des petites structures. J’ai deux ou trois collaborateurs, il faut que je garde toutes les factures. Ce que je craignais, c’est ce côté usine à gaz. Il y avait des processus beaucoup plus simples : fiscaliser tout ça et ensuite de montrer aux impôts en cas de problème.

François de Rugy se veut transparent. Il publie lui-même le contenu de ses échanges avec Mediapart. Il affirme avoir réduit le budget des frais de représentation du président de l’Assemblée. Êtes-vous convaincu par ses arguments ?

Je suis magistrat de la Cour des comptes donc on ne le fera pas. Vous avez tout à fait la possibilité de dire 'regardez cette ligne a baissé', ce qu’il faut regarder, c’est la ligne en-dessous et la ligne au-dessus. Quand vous voulez camoufler des frais dans une collectivité, c’est ce que vous faites. Je ne suis pas certain par exemple que les frais de personnel, s’il en a abusé, soient dans cette ligne. Je ne suis pas convaincu parce qu’il parle en réalité des appartements. [En se défendant, François de Rugy explique qu’il a fait faire des travaux de rénovation à l’Hôtel de Lassay qui ont coûté plus de 60 000 euros]. Il a peut-être raison parce qu’il y a peut-être d’autres articles. En revanche sur la question des repas, il a été assez lapidaire. Il dit qu’en réalité c’était informel. Imaginons quand même que celui qui nous écoute, qui gagne le Smic et qui découvre que le président de l’Assemblée nationale consomme en un repas plus que son salaire mensuel, pour "rester connecté à la société".

Le député Les Républicains, Julien Aubert, à l\'Assemblée nationale, le 3 avril 2018.
Le député Les Républicains, Julien Aubert, à l'Assemblée nationale, le 3 avril 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)