"Quand on est en faute on s'en va" : la classe politique dubitative devant le traitement du cas Rugy

Chez les députés, tous bords politiques confondus, nombreux sont ceux qui jugent insuffisante la promesse de remboursement de François de Rugy. 

François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, dans la cour de Matignon, le 11 juillet 2019.
François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, dans la cour de Matignon, le 11 juillet 2019. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Après les révélations de Médiapart sur son train de vie, François de Rugy, le numéro 2 du gouvernement a été convoqué à Matignon, jeudi 11 juillet. À la sortie de son entrevue avec Édouard Philippe, il a promis de rembourser, si nécessaire, "chaque euro contesté". Dans la classe politique, beaucoup jugent cette réponse à la polémique bien insuffisante.

"Un émoi, un besoin de transparence"

Chez les "marcheurs", on ne peut pas parler de franc soutien à François de Rugy. Mais Erwann Balanant a été rassuré par sa promesse de remboursement. "C'est une bonne décision, estime le député LREM du Finistère, on sent qu'il y a un émoi et un besoin de transparence. Tout ce qui est de l'ordre du privé doit rester avec de l'argent privé. Et le reste, les réceptions, les dîners de travail doivent être sur les fonds dédiés à ce travail-là." Pour le député Les Républicains du Lot, Aurélien Pradié, le ministre fragilisé aurait dû partir. "Quand on est pris, quand on est en faute on s'en va."

Quelle force politique va encore avoir François de Rugy dans les semaines qui viennent ?Aurélien Pradié, député Les Républicains du Lotà francinfo

Le député du Lot en profite pour tâcler l'ensemble de la majorité. "Ce nouveau monde est plein d'hypocrisie, continue Aurélien Pradié. Ils sont bien plus capables que n'importe quel autre monde de dire blanc et de faire noir dans les faits."

"Ça jette le discrédit sur tous les élus"

"Bien sûr que c'est une catastrophe", assure de son côté Emmanuelle Ménard, apparentée Rassemblement National. La députée s'inquiète de l'impact de l'affaire dans l'opinion publique. "Déjà les parlementaires ont très mauvaise presse, reconnaît-elle. On est accusés de tous les maux, de ne pas travailler, de se servir dans les caisses de l'État parfois parce qu'on a cet argent public à disposition. C'est une catastrophe car ça jette le discrédit sur tous les élus !" La présidence de l'Assemblée a précisé, jeudi 11 juillet, que François de Rugy serait invité à s'expliquer devant les députés dans les prochains jours.

"Il y a des images qui ont choqué assez largement. Moi-même, j’étais élu sur une circonscription en 2017, aujourd’hui je suis au gouvernement, mais j’ai reçu des messages, des questionnements d’habitants de ma circonscription", a expliqué Gabriel Attal, vendredi sur France Inter. Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse "comprend parfaitement que ça puisse choquer des Français qui ont du mal à finir le mois. Plus largement, quand on est par ailleurs un jeune engagé en politique pour qui c’est les premières responsabilités politiques électives, ça fout un peu les boules de se dire que ça renvoie cette image et que ça va alimenter l’idée que tous les politiques se gavent au frais du contribuable, alors que ça n’est pas le cas". Pour le secrétaire d’État, il est important de laisser l’inspection, qui débute aujourd’hui, juger des faits.