Christophe Castaner : "Il n’y aura pas une ou deux lignes au sein de notre mouvement, mais mille initiatives différentes"

Le porte-parole du gouvernement à été désigné à main levée, samedi à Chassieu près de Lyon, délégué général de LREM pour un mandat de trois ans. Il s'est confié à franceinfo quelques heures avant son élection.

Christophe Castaner, premier délégué général de la République en marche, le 15 novembre à Paris.
Christophe Castaner, premier délégué général de la République en marche, le 15 novembre à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)
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Vincent MatalonFrance Télévisions

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Christophe Castaner a été élu samedi 18 novembre à la tête de La République en marche. L'actuel porte-parole du gouvernement était le seul candidat et sera donc le délégué général du mouvement pour trois ans après avoir été élu à l'unanimité des présents moins deux abstentions.

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Quelques heures avant son élection, il expliquait à franceinfo.fr sa vision de ce nouveau rôle dans un mouvement parfois critiqué pour son absence de débats.

Quel délégué général de la LREM serez-vous ?

Christophe Castaner : Je veux réussir le pari d’inverser la pyramide : le sommet doit être au service de la base : je veux être un animateur, un facilitateur… Etre une voix qui impulse – cela manque à ce mouvement –, mais jamais un chef. Le jour où je m’installerai dans une posture de chef, j’aurais perdu mon pari car je ne veux pas que ça ressemble à un vieux parti politique.

Je viens du PS, je sais sa force sur la fraternité, la mobilisation qui peut exister... Mais je sais aussi sa faiblesse : on y avait parfois l’impression que le nombre de cartes pesait davantage qu’une stratégie politique. Ce que je dis sur le PS, pour l’avoir bien connu, vaut aussi pour Les Républicains et les autres.

Est-ce que le débat est possible au sein d'un mouvement comme LREM ?

Une chose est sûre : ceux qui viendront chercher à LREM des postures, du clivage ou des postes, ne me trouveront pas à leur côté, mais au contraire face à eux.

Pour moi, il n’y aura pas une ou deux lignes au sein de notre mouvement, mais mille initiatives différentes sur la façon d’être adhérent en France. Ce qu’il faut, c’est que ça soit utile : qu’un adhérent puisse y entrer et trouver du conseil pour des mobilisations concrètes. On pourra s’y mobiliser sur des sujets très locaux, comme par exemple la défense de la gare Saint-Jean à Bordeaux, et nationaux, comme l’égalité femmes-hommes... Je veux que LREM ne soit pas un monolithe, pas une pyramide, mais que ce soit mille expressions différentes.

Vous comprenez que certains reprochent à votre parti d’être un mouvement de supporters au service d’un homme? 

Non. Il faudra évaluer et juger le parti quand il sera dans son activité : on a un congrès fondateur, pour la première fois, le conseil va se réunir. Ne soyons pas dans la critique de quelque chose qui n’existe pas, attendons qu’on commence à réaliser. 

Et si on vient me reprocher qu’il n’y ait pas de frondeurs, de courants… Eh bien, j’espère qu’on me le reprochera longtemps !

Vous avez déjà vos frondeurs, on a beaucoup parlé des récents départs au sein du mouvement ?

La semaine dernière, nous avons enregistré l'inscription de 600 adhérents... Mais c'est vrai qu'on a surtout entendu parler du départ d'une personne accompagnée de 99 autres... Il faut entendre les critiques, et ça sera à moi d’y répondre, mais il ne faut pas reproduire les défauts qui ont plombé les autres partis.

Etre chef de parti et en même temps chargé des relations avec le Parlement au sein du gouvernement, c'est possible ?

Dans les années 1980, André Rossinot a été président de parti et ministre chargé des Relations avec le Parlement... Je ne pense pas qu’il ait mal fait son boulot. Certains étaient Premier ministre et chefs de parti. Ou plus récemment : garde des Sceaux… Sortons des statuts, ce qui compte c’est l’éthique des personnes. Je ne veux pas me faire enfermer dans un statut.

Quoi qu'il en soit, la question d'un éventuel remaniement est du ressort du président de la République et de son Premier ministre. Je tiens par ailleurs à rappeler que le délégué général de LREM aura par essence une autre activité, car c’est une fonction bénévole et non indemnisée.