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La présidentielle se féminise

De l’extrême-gauche à l’extrême-droite, les candidates potentielles ou officielles sont bien présentes. Cette campagne sera féminine.
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En 2012, l'Elysée pourrait être occupé pour la première fois par une femme. (Fred de Noyelle / Godong / Photononstop)

De l'extrême-gauche à l'extrême-droite, les candidates potentielles ou officielles sont bien présentes. Cette campagne sera féminine.

Elles sont six candidates confirmées ou potentielles. Elles "gueulent" aussi fort que leurs collègues hommes et occupent l'espace politico-médiatique. Agées de 41 à 67 ans, ces femmes sont juristes, professeurs d'économie, politiques bien sûr... Et se présentent souvent pour la première fois à la présidentielle à l'exception de Ségolène Royal. Mais elles sont engagées depuis longtemps. Leur CV en témoigne.

La plus jeune

Nathalie Arthaud, la cadette, est porte-parole de Lutte Ouvrière. Elle est en campagne depuis le mois de décembre, avant toutes les autres. La conseillère municipale à Vaulx-en-Velin a la lourde tâche de succéder à Arlette Laguiller, première femme à être candidate à la présidentielle en 1974.

La professeur d'économie se présente pour la première fois à la présidentielle. Illustration d'un été bien studieux, elle a animé la fête du parti le 12 juin à Presles. Puis, elle s'est occupée de la récolte des signatures nécessaires pour que son parti soit dans la course présidentielle. Elle a aussi sillonné la France pour aller à la rencontre des Français. Un peu comme Eva Joly, officiellement investie candidate d'Europe Ecologie-Les Verts après sa victoire sur Nicolas Hulot, à la mi-juillet. Les sondages donnaient Hulot pour gagnant, les urnes ont tranché en faveur d'Eva Joly.

La plus verte

Sa candidature au sein d'EELV pour devenir la candidate officielle du parti l'a mise sous le feu des projecteurs. Sa victoire l'a propulsé carrément sur le devant de la scène. Et puis, il y a eu la controverse sur le défilé du 14 juillet. La classe politique s'est déchaînée. Eva Joly s'est faite plus discrète en attendant que la tempête se calme. L'ancienne juge est très vite revenue à la charge : algues vertes, affaire Tapie, crise de la dette, elle a réagi. Les journées d'Europe Ecologie-Les Verts, se tenant à Clermont-Ferrand du jeudi 18 août au samedi 20, préparent une rentrée politique qui s'annonce rude.

La plus ch'ti

A l'instar d'Eva Joly, Martine Aubry a eu un été agité. Et a fait sa rentrée tôt, le 16 août, bien avant la fin des congés estivaux en taclant le bilan de Nicolas Sarkozy. Économie, fiscalité, défense, tout y passe. Le temps où elle hésitait à se déclarer candidate semble bien loin. L'affaire DSK a tout bousculé dans les rangs du Parti Socialiste. La première secrétaire du Parti Socialiste a fait le pas le 28 juin.

Sa campagne n'a pas commencé sereinement. Des rumeurs sur son alcoolisme sont venues prendre la place du débat politique. Le PS a fait bloc derrière la fille de Jacques Delors. Sa couverture dans Paris Match en compagnie de son époux a marqué un tournant dans sa stratégie de campagne. Celle qui détestait la”peopolisation” des politiques s'est prêtée au jeu. Même si elle n'est pas encore la candidate officielle du Parti Socialiste à la présidentielle, elle fait tout pour.

La plus médiatique

L'autre dame du PS ne chôme pas non plus. En 2007, Ségolène Royal aurait pu être la première femme à devenir présidente de la République. Aujourd'hui, elle dit être la candidate qui a le plus d'expérience de son parti. En difficulté dans les sondages ces derniers temps, Ségolène Royal passe à l'offensive. Elle se pose en "présidente des solutions" face au chef de l'état sortant qu'elle qualifie de "président-déficit". Aubry comme Royal adoptent la même stratégie en s'attaquant au chef de l'Etat et en épargnant ses concurrents socialistes à la primaire. Ce sont les résultats du scrutin interne du PS, au mois d'octobre, qui diront si Aubry ou Royal sont toujours dans la course.

La plus conservatrice

La présidente du Parti Chrétien-Démocrate, Christine Boutin, a confirmé sa candidature le 22 juin. Pour elle aussi c'est une première. Anti-mariage homosexuel, anti IVG, et à une époque anti-PACS, elle représente l'aile conservatrice de la droite. Son parti n'a que 10 000 adhérents. L'ancienne ministre du Logement et de la ville entend fédérer des électeurs autour de la thématique de la famille et de la protection sociale.

La plus extrême

Encore plus à droite, Marine Le Pen. Une débutante dans cette course à la présidentielle, mais déjà une chevronnée en politique. Héritière de Jean-Marie Le Pen, elle s'est formée aux côtés de son père. En 2002, il passe au deuxième tour. Marine Le Pen se ballade de plateau en plateau télé, c'est les prémices de ce qu'elle connaîtra en 2011.

Depuis son fief, Hénin-Beaumont, dans le Nord, elle peaufine sa campagne, qui a débuté dès son investissement à la tête du FN en janvier. Plus jeune, plus séduisante, une femme. Elle tente d'effacer le passé noir du Front National, mais la nature du parti la rattrape sans cesse. Avec ses dadas, la sortie de l'euro et la lutte forcenée contre l'immigration, elle espère reproduire l'exploit de son père. Forte des résultats des derniers sondages, elle s'y voit déjà.

Il n'y a jamais eu autant de femmes à convoiter la plus haute fonction de l'Etat en même temps. Tous les courants sont représentés, sauf le centrisme, un prisme déformant de la réalité. 18,44%, c'est le pourcentage de femmes qui siègent au Parlement. La France occupe le 18e rang dans le classement de la proportion des femmes présentes au gouvernement en Europe, bien loin derrière la Suède, où presque la moitié des parlementaires sont des femmes.

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