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La majorité relance le thème de l'union nationale autour de la "règle d'or"

La mise sous surveillance de la France lundi par l’agence de notation Standard & Poor’s remet la "règle d’or" dans le débat. Un vote des parlementaires en Congrès peut permettre d'adopter cette mesure. D’où l’appel de la droite à "l'union nationale".
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François Baroin, ministre des Finances (AFP)

La mise sous surveillance de la France lundi par l'agence de notation Standard & Poor's remet la "règle d'or" dans le débat. Un vote des parlementaires en Congrès peut permettre d'adopter cette mesure. D'où l'appel de la droite à "l'union nationale".

L'accord franco-allemand pour sauver l'euro à peine annoncé lundi, voilà la France et plusieurs autres pays européens menacés de perdre leur triple A. Selon le ministre de l'Economie, François Baroin, le pays doit trouver une "union nationale" pour adopter la "règle d'or" et retourner à l'équilibre des finances.

"L'union nationale, ce serait vraiment bien en France", a déclaré M. Baroin mardi sur i>Télé, assurant que "si une fenêtre de tir se présentait, elle serait saisie par le gouvernement" pour faire voter cette règle par le Congrès avant la présidentielle.

La révision doit en effet être votée par l'Assemblée nationale et le Sénat, avant d'être ratifiée par le Congrès (réunion des deux assemblées).

Un Sénat à gauche, une Assemblée nationale à droite

Un pari impossible à réaliser ? Le chef de l'Etat avait déjà voulu réunir le Congrès en septembre pour inscrire la "règle d'or" d'équilibre budgétaire dans la Constitution. Il y avait renoncé, les 3/5e des voix étant nécessaires pour son adoption, alors que le Sénat est désormais majoritairement à gauche.

"Le Sénat a basculé à gauche et la campagne présidentielle ne favorise pas les rapprochements", a reconnu le ministre. Pour M. Baroin, il faudra "de toute façon revoir le texte de l'actuelle règle d'or, telle qu'elle a été votée à l'Assemblée comme au Sénat, fixer une date, comme les Allemands l'ont fait, et que cette règle d 'or soit compatible avec tout ce que les autres pays vont mettre en place".

"Conséquences de la crise comparables à celles d'une guerre"

Son de cloche sensiblement identique chez le président de l'Assemblée. Bernard Accoyer (UMP) a souhaité une "unité nationale" face à la crise en zone euro.

Il s'est toutefois montré sceptique sur une convocation du Congrès pour adopter la "règle d'or", soulignant que le clivage gauche-droite n'existe pas dans les autres démocraties, en Allemagne, ou en Espagne, "parce que nous sommes en réalité dans une situation dont les conséquences pourraient être comparables à celles d'une guerre".

"La seule divergence est que le président, le gouvernement, sa majorité souhaiteraient son adoption le plus tôt possible, et que l'opposition s'engage à le faire en 2012", selon lui.

De son côté, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a affirmé que les socialistes étaient "à nouveau invités" à la table des responsabilités" pour l'instauration de cette "règle d'or" budgétaire, prévue dans l'accord franco-allemand.

Sur Europe 1, le député et maire de Meaux a rappelé avoir "dès l'été dernier, souhaité qu'on aille le plus vite possible au Congrès" du Parlement pour inscrire cette règle dans la Constitution.

Une règle d'or "harmonisée au niveau européen"

Un appel que le candidat socialiste a entendu, sans pour autant y répondre. François Hollande, a affirmé sur France Inter qu'il "ne souhaite pas une dégradation de la note de la France" par les agences de notation, tout en dénonçant "un échec de la politique conduite depuis 5 ans" par le président de la République.

Pour le candidat socialiste, la règle d'or, c'est la réduction des déficits. Le député corrézien s'est déclaré favorable à une "loi de programmation" sur la réduction des déficits après la présidentielle.

Lundi, au terme d'un mini-sommet franco-allemand à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait prôné l'adoption par les 17 pays de la zone euro d'une "règle d'or" "renforcée", "sévère" et "harmonisée au niveau européen" en vue de son inscription au coeur du nouveau traité européen souhaité par Paris et Berlin.

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