VIDEO. Seine-Saint-Denis : "On a le droit de questionner la police sans être immédiatement un anti-flics" estime le député LFI Alexis Corbière

La compagnie de sécurisation et d'intervention de Seine-Saint-Denis (CSI 93), dont six membres sont placés en garde depuis lundi 28 juin, sera partiellement dissoute. "Il est sain et bon que l'on s'interroge" vis-à-vis de la police, assure le député LFI de Seine-Saint-Denis.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

"On a le droit de questionner la police sans être immédiatement un anti-flics et je trouve que le débat était étouffant dernièrement", déclare mercredi 1er juillet sur franceinfo Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, département où la compagnie de sécurisation et d'intervention va être partiellement dissoute après l'ouverture de 17 enquêtes contre des policiers pour violences, vols, falsifications de PV ou trafic de stupéfiants.

Le débat est "souvent excité par des organisations syndicales qui ne veulent pas qu'on puisse interroger, critiquer la police et immédiatement qui réduisent le débat de manière caricaturale", poursuit Alexis Corbière.

Il est sain et bon que l'on s'interroge, qu'on ait vis-à-vis de la police une exigence d'exemplarité.

Alexis Corbière

à franceinfo

Alexis Corbière pointe les "conditions difficiles" de travail des policiers et des gendarmes qu'il dit constater dans sa circonscription, et souligne qu'il était "demandeur d'une commission d'enquête sur le taux de suicides important" parmi les forces de l'ordre.

"On a besoin de la police" souligne le député de Seine-Saint-Denis : "Quand à 3h du matin quelqu'un frappe une femme, ce sont les policiers qui vont empêcher tout ça". Mais il dit aussi entendre les "témoignages d'habitants" sur "des comportements, des manières de leur parler, des techniques apprises lors de la formation des policiers, qui sont violentes et dangereuses". "La police, ce n'est pas un métier comme un autre. Ils ont le monopole de la force. Et si la police échappe à toute possibilité de contrôle citoyen et a l'impression de devenir une force autonome qui ne supporte critique citoyenne, ça peut mal finir", met en garde Alexis Corbière.

Alexis Corbière, invité de franceinfo le 1er juillet 2020.
Alexis Corbière, invité de franceinfo le 1er juillet 2020. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)