VIDEO. Perquisitions à La France insoumise : "Politiquement, les coups seront rendus clairement", déclare Adrien Quatennens

Le député France insoumise du Nord était l'invité de franceinfo, vendredi matin, pour évoquer notamment les perquisitions qui ont été réalisées dans le cadre de deux enquêtes préliminaires.

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La pilule ne passe pas. Invité de franceinfo, vendredi 19 octobre, Adrien Quatennens est revenu sur les perquisitions menées dans la matinée du mardi 16 octobre au siège de La France insoumise et chez son leader, Jean-Luc Mélenchon. "Politiquement, les coups seront rendus clairement", a affirmé le député du Nord de la France insoumise. "La vapeur va s'inverser. On patiente, on souffle un coup et celles et ceux qui ont commandité tout ça vont le payer politiquement", a-t-il prévenu.

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "énorme opération de police politique" le jour du remaniement. Il s'agit d'enquêtes sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens et sur les comptes de campagne de l'ex-candidat à la présidentielle de 2017.

C'est une affaire politique déguisée, habillée en affaire judiciaire.

Adrien Quatennens

à franceinfo

"La disproportion des forces déployées mardi relève quasiment d'une opération anti-terroriste, anti gang", a jugé Adrien Quatennens. "Emmanuel Macron fait l'objet d'une enquête préliminaire pour ses comptes de campagne, vous avez vu des perquisitions chez Christophe Castaner et toute sa bande ? Absolument pas", a souligné le député du Nord.

L'élu Insoumis est aussi revenu sur la perquisition au MoDem : "Le MoDem a fait l'objet d'une perquisition à son siège. Elle était le fait d'un juge d'instruction, qui est par nature indépendant. Ce qui veut dire que quand vous arrivez sur place, vous avez le droit à un avocat, et la partie de la défense a accès au dossier", explique-t-il. "Nous, nous faisons l'objet d'une enquête préliminaire. Le juge des libertés agit suite à un rapport du procureur, donc on ne peut pas savoir s'il est à charge ou pas. Ce n'est pas un gage d'indépendance à 100%", affirme-t-il.

"Nous n'avons plus de secrets"

"Toutes les données de la France Insoumises (…) toutes nos stratégies politiques, nos conversations privées, plus de 20 000 photos de vacances de Jean-Luc Mélenchon… À cette heure nous n'avons plus de secrets pour les instances qui ont aspiré toutes nos données, souligne Adrien Quatennens. Et ces instances dépendent de deux ministères : du ministère de l'Intérieur et de la Justice."

"Nous ne demandons pas à être au-dessus de la justice, nous demandons à être traités comme tout le monde", plaide le député de la 1re circonscription du Nord. "Visiblement, que l'on soit un ami de Jean-Luc Mélenchon ou d'Emmanuel Macron, nous ne sommes pas traités de la même manière", poursuit-il.

Adrien Quatennens dit vouloir une transparence totale : "Vendredi dernier, avant même les perquisitions, nous avions publié sur le site de La France insoumise tous nos comptes de campagne, et nous réfléchissons même à publier toutes les factures. Ce qu'on demande c'est que nos entrailles soient fouillées (…) C'est de nous fouiller en long, en large, en travers, parce que nous n'avons rien à nous reprocher. Nous avons besoin que notre honneur soit réparé."

Adrien Quatennens, député du Nord de la France insoumise, le 19 octobre 2018.
Adrien Quatennens, député du Nord de la France insoumise, le 19 octobre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)