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La chronologie d'une crise des dettes souveraines qui dure depuis deux ans

Nicolas Sarkozy interviendra, en direct, dans le cadre d'une émission spéciale sur France 2, jeudi soir, après le sommet qui se tient, ce mercredi à Bruxelles, pour tenter de sauver la zone euro frappée par la crise des dettes souveraines.
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Avec le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, la zone euro espère avoir sauvé l'un de ses membres mais aussi sa monnaie. (afp)

Nicolas Sarkozy interviendra, en direct, dans le cadre d'une émission spéciale sur France 2, jeudi soir, après le sommet qui se tient, ce mercredi à Bruxelles, pour tenter de sauver la zone euro frappée par la crise des dettes souveraines.

Beaucoup d'observateurs le disent, l'avenir de l'Europe se joue mercredi. Les dirigeants de l'Union européenne (UE) réunis à Bruxelles parviendront-ils a enrayer la crise des dettes souverraines, celle des Etats ?

Au-delà du seul sauvetage de la Grèce, ce dixième sommet européen depuis février réussira-t-il à accoucher d'un plan crédible pour rassurer les opinions publiques, les acteurs politiques et économiques ainsi que les agences de notation ?

Quelles nouvelles contributions vont peser sur les Etats, c'est-à-dire sur les contribuables ? Aujourd'hui, c'est l'Italie qui est dans le colimateur. Le président du conseil, Silvio Berlusconi, a été prié fermement par ses partenaires européens, d'engager des réformes difficiles - celle sur la retraite notamment - pour lutter contre la dette et le déficit du pays.

Le reportage de Paul Sanfourche de France 2

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Dix sommets en neuf mois

En Allemagne, les parlementaires du Budestag devrait donner, aujourd'hui, un mandat à la chancelière pour négocier une féforme du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Sur les questions européennes, Angela Merkel bénéficie du soutien d'une grande coalition qui va au-delà de sa propre majorité conservatrice et libérale.

En France, la position du gouvernement a évolué au cours des derniers mois sur le plan politique puisque le ministre des Affaires étrangères n'hésite plus à utiliser le mot "fédéralisme". Un terme, s'agissant de l'Europe, qui n'a jamais été très prisé par les gaullistes. Invité de France Inter, mercredi, Alain Juppé a défendu l'idée du fédéralisme et celle d'un gouvernement de la zone euro.

Comment en est-on arrivé là ? Il n'est pas inutile de refaire une chonologie des événements depuis les avertissements lancés sur l'état financier catastrophique de la Grèce, à la fin 2009, jusqu'à ce dixième sommet européen de Bruxelles en à peine neuf mois.

2009

Décembre : L'Union européenne tire la sonnette d'alarme sur l'état des finances publiques grecques, deux mois après une première révision à la hausse du déficit du pays, à 12,7% du PIB contre 6% initialement prévu. Les agences de notations baissent leur note sur la capacité d'Athènes à rembourser ses dettes.

2010

29 janvier : Adoption d'un plan d'austérité visant à économiser 50 milliards d'euros, en Espagne.
3 février : La Grèce dont la dette s'élève à 350 milliards d'euros (plus de 150% du PIB) est placée sous surveillance.
2 mai : L'UE et le FMI accordent un plan de prêts de 110 milliards d'euros à Athènes qui adopte un plan d'austérité. Le 5, il y a trois morts lors de manifestations.
10 mai : Adoption du Fonds européen de stabilité financière (FESF), pour venir en aide, si nécessaire aux pays de la zone euro.
29 juil : Adoption d'un plan d'austérité, en Italie qui a une des dettes les plus élevées du monde, près de 120% du PIB.
28 nov : Plan de sauvetage de l'UE et du FMI de quelque 85 milliards d'euros, dont 35 milliards pour les banques, en faveur de l'Irlande

2011

5 mai : L'UE et le FMI accordent une aide exceptionnelle de 78 milliards d'euros au Portugal, en échange d'un programme d'austérité.
29 juin : Nouveau plan d'austérité et de privatisations en Grèce, qui permet la poursuite du soutien financier international.
15 juillet : ITALIE: Nouveau plan de rigueu en Italie.
21 juillet : GRECE: Deuxième plan d'aide international à la Grèce décidé dans son principe de quelque 159 milliards d'euros, en comptant une contribution des banques qui effaceront 21% de leurs créances à terme. Renforcement prévu du FESF.
Début août : L'Italie et l'Espagne sont attaquées sur les marchés financiers. La Banque centrale européenne (BCE) se porte à leur secours en rachetant des obligations publiques. Le spectre d'un krach plane sur les places boursières. Le 10, la France est à son tour en première ligne.
16 août : Paris et Berlin proposent un gouvernement économique de la zone euro et de rendre obligatoire la "règle d'or" d'équilibre budgétaire.
24 août : La France annonce un programme d'austérité pour faire face à une croissance revue à la baisse.
2 septembre : La troïka des créanciers (UE-FMI-BCE), qui a constaté un important dérapage des comptes publics de la Grèce, suspend sa mission devant permettre le versement de la sixième tranche de prêt au pays (elle reviendra le 29). Le 11, nouvelles mesures d'économies budgétaires.
14 septembre : L'Italie entérine un plan d'austérité renforcé.

Octobre

10 : Démantèlement de la banque franco-belge Dexia, première banque européenne victime de la crise.
13 : Le Portugal, qui peine à réduire ses déficits, approuve un budget de rigueur pour 2012.
Avec le vote de la Slovaquie, les 17 pays de la zone euro ont approuvé le renforcement du FESF.
17 : Le "triple A" de la France sous "surveillance" par l'agence de notation Moody's.
19 : Troisième dégradation de la note souveraine espagnole, en moins de deux semaines.
20 : Nouvelle loi de rigueur en Grèce sur fond de grève générale et de violentes manifestations: un mort.
26 : Sommet de la zone euro pour tenter d'apporter une réponse globale à la crise de la dette.

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