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L'Etat ouvre ses données publiques à tous les citoyens sur Internet

Le gouvernement a lancé lundi 5 décembre data.gouv.fr, première plateforme d'informations de données publiques. Objectif : assurer une plus grande transparence de l'État et favoriser le développement de nouveaux services. Coût total : 900 000 euros.
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Tous les citoyens ont accès à la plateforme française des données publiques, depuis le 5 décembre 2011. (AFP - Pierre Andrieu)

Le gouvernement a lancé lundi 5 décembre data.gouv.fr, première plateforme d'informations de données publiques. Objectif : assurer une plus grande transparence de l'État et favoriser le développement de nouveaux services. Coût total : 900 000 euros.

Le président de la République avait annoncé la création d'un portail des données publiques lors de son discours sur l'Internet et l'économie numérique le 27 avril 2011, suivant ainsi l'évolution du cadre législatif européen.

C'est aujourd'hui une réalité. Etalab, nom de la mission placée sous la houlette du premier ministre, a présenté officiellement ce lundi, la première version du site data.gouv.fr qui propose d'ores et déjà quelque 352 000 "jeux de données publiques".

La France rejoint ainsi une trentaine d'autres pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et elle entre dans l'ère de l'"Open Data", en clair l'accès et la réutilisation libre des informations publiques d'un pays, d'une ville ou d'une institution publique.

Quelles informations trouvent-t-on sur data.gouv.fr ?

Conçu sous la forme d'un puissant moteur de recherche avec mots clés associés à des critères avancés, data.gouv.fr permet l'accès à l'ensemble des données produites par l'Etat et les collectivités territoriales.

Seules limites, les règles légales et les contraintes techniques. Selon la loi du 17 juillet 1978, sont considérés comme données publiques "les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission".

Le champ potentiel de ce nouvel outil est donc vaste mais il renverse aussi la philosophie qui prévalait à ce jour sur les sites existants et disséminés. "On est passé d'une logique de demande à une logique d'offre pro-active et ambitieuse", a expliqué Séverin Naudet, le directeur d'Etalab, lors de la présentation de l'outil à Paris.

Une base de données à la Prévert

"C'est un acte inédit de transparence de l'Etat", a aussi fait valoir le jeune homme de 35 ans, en présence des sept autres membres de la mission Etalab

Des centaines de milliers d'informations sont déjà disponibles qui vont des dépenses du budget général de l'Etat, à la localisation, la nature et la gravité des accidents de la route, en passant par les mesures de pollution dans les départements et les grandes villes, l'évolution trimestrielle de la population carcérale, les données géographiques sur les transports de la SNCF et de Réseaux ferrées de France (RFF), ou encore la liste des AOC par commune et par terroir.

Une base de données à la Prévert qui devrait s'enrichir au fil de la mise à disposition et l'agrégation des données par les acteurs concernés.

Qui peut faire quoi ?

Pour mettre en œuvre la plate-forme, Etalab a élaboré avec sept partenaires et publié une licence ouverte, libre et gratuite qui permet la réutilisation, la redistribution, l'adaptation et l'exploitation commerciale des données publiques.

Car outre la mise à disposition d'informations publiques, Etalab a aussi pour mission d'encourager une dynamique d'innovation et d'inciter la communauté des entrepreneurs du web à "imaginer les services que l'Etat n'a pas encore créés", "permettre à l'écosystème des développeurs et des start-ups d'inventer de nouveaux services pour les citoyens", selon les termes du chef de l'Etat.

Dans cet esprit, Etalab lancera dès janvier 2012 le programme "Dataconnexions" pour aider les porteurs de services innovants en leur facilitant l'accès aux ressources média, relationnelle, technologique et financière.

Un concours "Open Data" sera par ailleurs lancé en 2012, permettant de distinguer les applications valorisant le mieux les données publiques.

Sans présumer du succès de l'opération en France, la Commission européenne a elle évalué le marché de la réutilisation des données publiques à plus de 30 milliards d'euros sur l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne.

Neuf mois de gestation

C'est un énorme travail qui a été réalisé en moins de dix mois, a expliqué lundi M. Naudet.

Soulignant que la plateforme "évolutive et bâti sur un technique pérenne" a vocation "à sans cesse s'améliorer", le directeur d'Etab a résumé en quelques chiffres le chantier : 817 jours de travail (en équivalent du temps passé), 691 624 lignes de codes et 25 serveurs "pour supporter la charge d'utilisation et garantir la sécurité compte tenu qu'il s'agit des données de l'Etat".

"13 coordinateurs dans l'ensemble des administrations centrales de l'Etat, 90 producteurs, 55 réunions techniques, sans oublier les nombreux échanges et dialogues", ont aussi été nécessaires a-t-il poursuivi, précisant que sur les 75 administrations, quatre étaient des collectivités territoriales.

Côté dépenses, la facture s'élève à 900 000 euros hors taxe, a conclu M. Naulet sans préjuger des futurs dépenses.

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