L'ancien Premier ministre a dressé mardi un sévère réquisitoire contre la politique du gouvernement

Il n'est pas encore candidat à la présidentielle et entend prendre son temps. Mais pour ce qui est d'épingler la politique de ses "amis de la majorité", M. de Villepin n'est pas en reste.Sécurité, école, etc. Tout y passe. Et au final, un constat sans appel: "Nous n'agissons pas. Nous tournons en rond", a-t-il jugé devant la presse parlementaire.

Dominique de Villepin fait un discours lors de la convention nationale de République Solidaire, à Paris, le 19/6/2011.
Dominique de Villepin fait un discours lors de la convention nationale de République Solidaire, à Paris, le 19/6/2011. (AFP - Fred Dufour)

Il n'est pas encore candidat à la présidentielle et entend prendre son temps. Mais pour ce qui est d'épingler la politique de ses "amis de la majorité", M. de Villepin n'est pas en reste.

Sécurité, école, etc. Tout y passe. Et au final, un constat sans appel: "Nous n'agissons pas. Nous tournons en rond", a-t-il jugé devant la presse parlementaire.


"Ce qui m'intéresse, c'est l'action"
"Notre pays n'a pas vocation, telle l'autruche, en permanence, à mettre la tête dans le sable (...) Nous n'agissons pas. Nous tournons en rond". "Moi ce qui m'intéresse c'est l'action", déclare en préambule l'ancien Premier ministre.

Et de poursuivre, sur un ton implacable. "Et un jour querelle sur l'identité nationale, et un jour querelle sur la bi-nationalité... mais de querelles en querelles, quand traiterons nous des problèmes des Francais ? Quand poserons-nous sur la table, la question de la santé dans notre pays et de la chaîne de santé?", lance Dominique de Villepin.

Sur l'école, "quand ouvrons-nous les yeux pour constater que tout se joue à trois ans ?", s'interroge-t-il encore.

"Cette fatalité de l'illégalité dans notre pays, ce drame français d'un pays conservateur qui perpétue les inégalités sans rien faire. Mais ce n'est pas cela la République française", poursuit, lyrique, le président de République Solidaire.

"Quand on voit l'extraordinaire ridicule, et je pèse mon mot, de ce débat sur la binationalité, qui est un reniement de la tradition française (...), on se rend compte d'abord qu'il y a un certain nombre de responsables politiques qui se foutent du monde, qui se foutent des Français, qui jouent sur les peurs et les divisions et qu'il est temps que tout ceci finisse", affirme-t-il.

"On peut espérer que l'UMP va atterrir"

L'ancien secrétaire général semble épargné par le doute - "Je crois à la solitude dans la construction d'un parcours politique" - et annonce de grands changements: "Vous aller voir (..) une assez profonde recomposition du jeu politique dans le deuxième semestre de cette année".

Une prévision qui pourra se vérifier mais qui permet, pour l'heure, de lancer une nouvelle charge: "Parce que nous allons peut-être enfin toucher terre et qu'à la faveur d'une nouvelle campagne présidentielle, on peut espérer que l'UMP va atterrir".

"Quatre années de promesses. Quel est le résultat ? A un moment, faut faire face. Il audra bien qu'il se détermine sur la base d'un programme. Où sont les idées nouvelles "?, pointe M. de Villepin.

"Cela fait quatre ans que je dis à mes amis de la majorité qu'ils sont partis du mauvais pied avec la loi TEPA et que partant du mauvais pied, ils n'on cessé d'aller dans la mauvaise direction". "Alors oui, on peut tout à coup faire une déclaration d'intention et dire qu'on va changer mais quelle crédibilité ?".

"Je veux croire que nous allons arriver dans une période où nous allons arrêter de jouer aux petits magiciens. On va enfin, peut-être redécouvrir le sens de l'action politique, la noblesse de l'action politique", lance M. de Villepin.

"J'estime que s'il y a une raison supplémentaire de s'engager en politique, c'est ce n'importe quoi de notre vie politique".

La révolution de la dignité
"Je fais partie des quelques hommes politiques de ce pays qui croient en la politique. Et la politique, c'est de choisir", rappelle l'ancien Premier ministre.

"On a choisi depuis 2007 de faire des cadeaux fiscaux aux plus riches. Le coût, c'est 30 milliards. On a choisi de faire les 35 heures, le coût c'est 33 milliards. Moi, je vous dis qu'il est plus important de faire en sorte que, dans la République française, il y ait des citoyens dignes et respectés pour un coût de 30 milliards plutôt que beaucoup d'autres dépenses", affirme-t-il.

"Il y a une dépense dans mon projet et une ambition forte de reprise de compétitivité, qui est la seule façon de retrouver la croissance, à travers la mise en place d'un impôt unique sur le revenu du travail et du patrimoine et une TVA sociale et environnementale, que j'ai appelé la TVA 3 E, emploi, exportation, environnement. En abaissant le coût du travail de trois points, cette TVA est susceptible de nous redonner une capacité à produire, à exporter de façon particulièrement compétitive", explique-t-il.

"30 milliards dans l'Océan de dépense publique, c'est un choix", poursuit-il.

"Le drame français, c'est une nation hantée par la peur de l'individu et minée par la dépression ". L'immense avantage du revenu citoyen, "c'est qu'il fait de chaque Français un citoyen respecté, respectable, ayant une place dans la société".

Pour ce qui est de trouver sa place, Dominique de Villepin a sans conteste, imaginé la sienne. Au plus haut sommet de l'Etat.