Alain Devaquet, ancien ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, est mort à l'âge de 75 ans

Il avait porté un projet de réforme de l’université qui avait suscité une forte opposition des étudiants en 1986. Le projet avait été retiré après la mort d'un étudiant, Malik Oussekine, battu par des policiers en marge d'une manifestation. Le ministre avait ensuite démissionné.

Alain Devaquet, alors ministre délégué chargé de la Recherche et de l\'Enseignement supérieur, sur le plateau de l\'émission \"Apostrophes\", le 19 février 1988 à Paris.
Alain Devaquet, alors ministre délégué chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, sur le plateau de l'émission "Apostrophes", le 19 février 1988 à Paris. (GEORGES BENDRIHEM / AFP)
avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Il restera en mémoire pour son projet de réforme donnant davantage d'autonomie aux universités, qui avait mis les étudiants dans la rue et avait été abandonné après la mort de Malik Oussekine, en 1986. L'ancien ministre RPR et député de Paris Alain Devaquet est mort vendredi 19 janvier à l'âge de 75 ans, a annoncé sa compagne Claude-Annick Tissot. 

Alain Devaquet est mort à l'hôpital Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) des suites d'un cancer, a précisé Claude-Annick Tissot. Ses obsèques auront lieu vendredi prochain dans le 17e arrondissement de Paris, a-t-elle poursuivi. 

Des milliers d'étudiants et de lycéens dans la rue

L'homme politique avait dû démissionner de son poste de ministre délégué à la Recherche et à l'Enseignement supérieur au sein du gouvernement Chirac, dans la foulée du retrait de son projet de réforme. Cette réforme avait été dénoncée par les syndicats lycéens et étudiants, qui y voyaient la porte ouverte à une sélection accrue, à l'augmentation des frais d'inscription et à une université à deux vitesses.

Alain Devaquet avait alors dû affronter plusieurs semaines de manifestations monstres, dans toute la France, où étudiants et lycéens défilaient aux cris de "Devaquet, si tu savais...". Son ministre de tutelle, René Monory, avait repris le dossier en main en proposant la suppression de plusieurs articles contestés de la réforme.

La mort, le 6 décembre 1986, d'un étudiant, Malik Oussekine, à la suite d'une intervention musclée de la police dans le quartier latin à Paris, a sonné le glas de cette réforme. Alain Devaquet présentait aussitôt sa démission, et Jacques Chirac retirait le projet de loi le 8 décembre.