Jeanne, l'autre parti de Marine Le Pen, visé par une enquête

Elle a été ouverte au mois d'avril par le parquet de Paris. Les investigations concernent notamment des prêts accordés à des candidats FN lors des cantonales de 2011 et des législatives de 2012.

Marine Le Pen, le 26 octobre 2013 à Fougères (Ille-et-Vilaine). 
Marine Le Pen, le 26 octobre 2013 à Fougères (Ille-et-Vilaine).  (THOMAS BREGARDIS / AFP)

Le parquet de Paris a ouvert en avril une enquête préliminaire, toujours en cours, sur le micro-parti de la présidente du FN Marine Le Pen, dénommé Jeanne, selon une source judiciaire qui a confirmé une information de Mediapart, jeudi 21 novembre.

Quel est ce parti ? 

Ce n'est pas un parti à proprement parler, puisqu'il ne présente pas de candidats et n'a pas de militants. Il s'agit en fait d'une structure qui est utilisée notamment pour le financement de campagnes. Ce type de structure, tout à fait légale, est d'ailleurs utilisé par d'autres partis ou d'autres personnalités politiques.

Les statuts de Jeanne, un nom choisi en référence à Jeanne d'Arc, ont été déposés le 9 novembre 2010 par des proches de Marine Le Pen. Mais le nom de la présidente du Front national n'apparaît pas directement. "Elle en est évidemment la tête pensante, estime néanmoins Mediapart, malgré les dénégations du mandataire financier, Steeve Briois."

Son père, Jean-Marie Le Pen, a également créé son micro-parti, baptisé Cotelec. Il fait également l'objet d'une enquête de la brigade financière du Parquet de Paris.

Que lui reproche-t-on ? 

L'enquête a démarré après une "dénonciation" de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), qui n'a souhaité faire aucun commentaire. Les investigations concernent notamment les prêts accordés par ces deux partis à des candidats FN lors des cantonales de 2011 et des législatives de 2012.

Les taux très élevés des prêts, de  6,5% ou 7% selon Médiapart, permettent d'emmagasiner des intérêts importants. Sous certaines conditions, précise le site, les charges financières ainsi supportées par les candidats peuvent ensuite être admises dans la catégorie des dépenses de campagne remboursables par l'Etat.

Les comptes du micro-parti pour l'année 2011, consultables sur le site de la CNCCFP, indiquent que Jeanne a effectué, cette année-là, pour quelque 1,7 million d'euros d'achats et a facturé pour 1,8 million d'euros aux candidats. Selon Mediapart, ce chiffre a atteint près de 9 millions d'euros en 2012, année des législatives. 

Comment se défend Marine Le Pen ?

Pour Marine Le Pen, "la CNCCFP a validé les comptes de Jeanne sans aucune remarque et les comptes de campagne des candidats qui ont bénéficié des prêts ont tous été validés sans aucune remarque".

Contactée par l'AFP, Marine Le Pen a affirmé être soumise "à une enquête permanente", évoquant "une sorte de combat politique contre tout ce qui, de près ou de loin, a une relation avec le FN". Concernant les prêts à taux élevés, Marine Le Pen a répondu qu'il s'agissait d'un "débat (...) complètement dérisoire quand on sait que ces prêts sont de court terme".