A Hénin-Beaumont, Mélenchon perd son pari, Le Pen jubile

Le leader du Front du gauche ne peut se maintenir pour le second tour dans cette circonscription du Pas-de-Calais, où la présidente du FN arrive en tête avec 42% des voix.

Le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, à Hénin-Beaumont, le 10 juin 2012.
Le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, à Hénin-Beaumont, le 10 juin 2012. (MAXPPP)

Jean-Luc Mélenchon n'est pas parvenu à faire de l'ombre à Marine Le Pen. Le leader du Front de gauche a admis sa défaite dimanche 10 juin dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où il ne sera pas présent au second tour des législatives. Marine Le Pen est arrivée en tête avec 42,36% des suffrages, suivie par le candidat socialiste Philippe Kemel, loin derrière à 23,5% des voix. Jean-Luc Mélenchon, avec 21,48% des voix, n'est pas en mesure de se maintenir au second tour. 

"Notre concurrent à gauche, quoi qu'il ait perdu 8 000 voix et 5 points, reste devant nous, la loi est ainsi faite, il sera au deuxième tour et non pas moi", a déclaré Jean-Luc Mélenchon devant ses sympathisants. "Ce soir, c'est le cœur paisible que je vais quitter cette scène, mais pas le département", a-t-il ajouté. Pour Jean-Luc Mélenchon, visiblement très déçu, la "partie sera très sévère" au second tour.

Francetv info

La présidente du FN a notamment fait le plein de voix dans la plus grande ville de la circonscription, Hénin-Beaumont, avec 48,21%, devant Jean-Luc Mélenchon (21,19%) et Philippe Kemel (16,69).

"L'échec de Jean-Luc Mélenchon démontre la déconnexion totale entre lui et l'électorat populaire (...) qui n'a pas adhéré à sa campagne brutale, bobo et méprisante", a déclaré un peu plus tard la présidente du FN devant ses partisans.

FTVi / France 2

La 11e circonscription du Pas-de-Calais, fief du Front national, est au centre de tous les regards depuis que Jean-Luc Mélenchon y a annoncé sa candidature le 12 mai, quelques jours après le deuxième tour de la présidentielle. Le leader du Front de gauche avait alors déclaré qu'il souhaitait apporter aux électeurs de la circonscription "comme réponse à la crise le social et pas l'ethnique".

Mais sa présence n'a pas empêché Marine Le Pen de faire mieux que prévu : les derniers sondages publiés avant l'élection prévoyaient un score d'un peu plus de 30% pour la candidate du Front national, avec ses deux adversaires au coude-à-coude autour de 25% des voix. 

Intervention de la police dans un bureau de vote de la circonscription

Suivis par des dizaines de journalistes, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont passé la journée de dimanche dans les bureaux de vote, mais ne se sont jamais croisés. Un incident a néanmoins laissé percer la tension qui règne entre les deux camps depuis des semaines : à Méricourt, une mairie de la circonscription tenue par le Parti communiste, les forces de l'ordre ont dû intervenir pour permettre à un assesseur du Front national de pénétrer dans le bureau de vote numéro 7.

Ce dernier, qui devait contrôler la régularité du vote, s'est vu barrer la porte par le président du bureau de vote. L'incident a été réglé "dans le calme et en moins d'une heure", selon la préfecture. Il a néanmoins généré quelques échanges peu amènes entre les deux partis.