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Jean-Luc Mélenchon : "les paysans se trompent s'ils soutiennent Sarkozy"

Mercredi, 29 février, Jean-Luc Mélenchon a visité à son tour le salon de l'agriculture. Ce n'est pas forcément l'électorat qui lui est le plus favorable. Au salon, il n' y pas que des paysans mais aussi des visiteurs. Et des journalistes. Ambiance.
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Jean-Luc Mélenchon au salon de l'agriculture (FRED DUFOUR / AFP)

Mercredi, 29 février, Jean-Luc Mélenchon a visité à son tour le salon de l'agriculture. Ce n'est pas forcément l'électorat qui lui est le plus favorable. Au salon, il n' y pas que des paysans mais aussi des visiteurs. Et des journalistes. Ambiance.

Avant l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, le service d'ordre du Front de gauche organise un dernier briefing. "Restons groupés. Il ne doit pas y avoir de queue de comète éparpillée. Le premier cercle, vous restez bien autour de Jean-Luc. Après le débat avec le Pen, la situation est peut-être tendue".

Rendez-vous en terre peu favorable

Précaution inutile. La visite se déroule sans incident notable, même si le candidat du FG n'est pas forcément le politique le plus populaire parmi les agriculteurs. Certes, M. Mélenchon a fait toute sa carrière électorale à Massy dans l'Essonne en région parisienne, mais il a vécu dans son enfance et sa jeunesse en Normandie ou dans le Jura.

Bref ,comme il le résume lui même pendant la visite: "dans l'agriculture on est pas majoritaire, mais nous sommes les meilleurs pour défendre les paysans".

Cohue

Comme d'habitude, une meute de journalistes accompagne le candidat donnant des sueurs froides au service d'ordre du salon. "Pas d'enfants au premier rang", hurle un costaud à oreillette. Comme à chaque fois, des éclaireurs tentent d' organiser un couloir pour la visite.

"Martine on va vers le stand FNSEA. Où il est ? Guide nous !", s'inquiète un homme en nage. On communique par la voix, sans se voir, puis carrèment par téléphone portable.

Indifférence polie

Sur les côtés, les badauds regardent passer la caravane. "Je ne le vois pas où il est ?", demande une adolescente. On compare, avec des arrières-pensées lubriques, la taille des perches des équipes de télévision.

"Vas-y Jean-Luc", entend-on quelquefois. Le plus souvent c'est une indifférence polie qui le salue. Indifférence plus râleuse aussi. "Font chier les politiques", maugrée un père de famille avec poussette.

Mais, il y a peu de paroles hostiles. "Décroche la vache, on va rigoler un peu", plaisante un homme qui a déjà quelques milligrammes d'alcool dans le sang. "Jean-Luc, il a plus de monde que de voix. J'espère qu'il a mis son caleçon aujourd'hui", plaisante lourdement un agriculteur qui fait référence à la phrase de Jean-Marie Le Pen ,dimanche, qui menaçait de déculotter M. Mélenchon.

Discussion avec la FNSEA

Le candidat manque de tomber une fois à la renverse, essaye de répondre tant bien que mal aux micros qui se tendent aléatoirement devant lui, et surtout cherche à discuter un peu avec les agriculteurs. "Je viens tous les ans mais d'habitude on ne m'accueille pas comme ça. moi ce ne sont pas les bestiaux qui me dérangent", explique-t-il faisant allusion aux journalistes.

Mais,quand l' un d'entre nous veut le prendre en photo, il prend bien soin de dégager les perches-son "parce que cela ne fait pas beau".

Au fil de la visite, la situation se tend un peu entre la sécurité et les journalistes. M. Mélenchon rencontre les représentants syndicaux. Avec la FNSEA, la discussion est assez vive, surtout avec les jeunes agriculteurs.

"Vous allez voir la tête qu'ils vont tous faire quand ils vont découvrir l'ampleur de la rénovation de la PAC (Politique agricole commune), ça va être un désastre, les paysans se trompent s'ils soutiennent Sarkozy", explique M. Mélenchon.

"Planification écologique"

Le candidat du Front de gauche a défendu "un autre modèle d'agriculture", plaidant pour une "rupture avec le modèle productiviste", dans le cadre de planification écologique qu'il propose.

"Nous voulons une agriculture qui relocalise les productions, qui va faire une transition écologique. C'est une agriculture socialisée, moi je n'ai pas peur des mots, on reprend le système notamment des quotas laitiers et on organise le stockage et le déstockage sur les cours", a-t-il précisé à l' AFP.

En queue de cortège, les militants du front de gauche tractent. Car au salon, il n' y a pas que des agriculteurs. Il y a aussi des visiteurs. Et le vote de ces derniers est peut-être moins tranché que celui de la profession agricole.

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