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Jean-François Copé fait campagne pour sa réélection à l'Assemblée en pensant à l'UMP

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, candidat à sa réélection comme député, multiplie les déplacements en France pour soutenir les candidats du parti. L'occasion aussi de faire campagne pour la présidence de l'UMP.
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Jean-François Copé signe un autographe pour une militante UMP, à Mèze (Héraut), le 30 mai 2012. (AFP - Sylvain Thomas)

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, candidat à sa réélection comme député, multiplie les déplacements en France pour soutenir les candidats du parti. L'occasion aussi de faire campagne pour la présidence de l'UMP.

Un sondage BVA publié samedi le donne vainqueur dans la 6e circonscription de Seine-et-Marne face à huit autres candidats.

Le député sortant, , reste toutefois très mobilisé dans ces législatives sachant que son avenir politique dépend à la fois de sa réélection à l'Assemblée et du nombre de députés UMP élus le 17 juin.

L'avant et l'après 17 juin

Dans l'Hérault, l'Aude, la Haute-Garonne, et le 17ème arrondissement de Paris la semaine passée, dans le Vaucluse, le Gard et la capitale cette semaine, Jean-François Copé enchaîne les déplacements.

"Je fais campagne le matin, je fais campagne l'après-midi, je fais campagne le soir", ne cesse-t-il d'ailleurs de répéter. Jeudi soir, en visite dans le 16ème arrondissement de Paris pour soutenir le député sortant, Claude Goasguen, le patron de l'UMP n'a pas caché ses ambitions à court et moyen terme.

"Après le 17 juin, viendront d'autres élections, mais c'est après le 17 juin". Pour l'heure, "il faut tout faire pour gagner ces élections législatives", a-t-il lancé aux quelque deux cents militants après avoir rendu un hommage appuyé, une fois n'est aps coutume, à l'ancien chef d'Etat.

"Il n'est pas un jour sans que je ne pense à Nicolas Sarkozy", a-t-il assuré, indiquant "avoir beaucoup appris" de lui durant la campagne présidentielle.

Détermination, énergie, assurance, alternant humour et fermeté, et "sans sujet tabou", Jean-François Copé a bien des points communs avec l'ancien Président. A commencer par le rêve d'un destin Elyséen.

Jean-François Copé salue les militants de l'UMP après sa visite de soutien à Claude Goasguen, à Paris, le 5 juin 2012. (CR)

Copé virulent opposant à Hollande

Après un rapide éloge au maire du 16e arrondissement, Claude Goasguen, un homme fidèle et "sensible", M. Copé a réitéré son appel à la mobilisation pour éviter "l'irréparable".

"L'irréparable avec Hollande, c'est de vouloir renégocier le traité sur la stabilité budgétaire (…), d'introduire dans notre droit constitutionnel le droit de vote aux étrangers (…), le retour à la retraite à 60 ans (…), le matraquage fiscal des classes moyennes (…) et l'anéantissement de la filière nucléaire qui porte atteinte à notre indépendance".

Autre angle d'attaque du chef de l'UMP, les premiers pas du gouvernement Ayrault. "Je veux dire ma très grand inquiétude à voir la garde des Sceaux supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs", a répété jeudi soir M. Copé.

Le bilan Copé
Candidate pour la quatrième fois depuis 1997 contre Jean-François Copé, la candidate du Front national (FN) en a assez de ses discours maniant peur et fermeté.

"Encore une fois, il refait le même coup. Il dit que voter FN, c'est faire passer la gauche", s'agace qui affirme voir "le fossé se creuser entre les électeurs et les dirigeants UMP".

"Il se targue d'avoir installé 140 caméras de surveillance à Meaux. Certes, mais les commerçants disent eux que rien n'a changé. Cela n'a fait que déplacer le problème dans les communes limitrophes", se désole-t-elle déplorant que "la cité Beauval ne soit ni plus ni moins qu'une zone de non droit".

"M. Copé a la fâcheuse tendance à oublier qu'il a un bilan", poursuit la vice-présidente du FN . Un avis partagé par les autres candidats de Seine-et-Marne.

Marie-Christine Arnautu sur le plateau de France 3 Ile-de-France, le 5 mars 2012. (CR)

Diagnostic partagé
S'il insiste sur les problématiques de l'emploi et des salaires, le candidat du Front de gauche (FG), , revient aussi sur le thème de la sécurité.

"Ici les gens ont beaucoup de mal à payer leur loyer", décrit-il évoquant aussi les problématiques "alimentaires et sanitaires. "Beaucoup de femmes de 50 ans avec des problèmes graves de santé, cancers, scléroses en plaque, ne peuvent plus se soigner correctement parce que leurs pensions ne sont pas assez élevées".

Puis, il poursuit. "L'insécurité est une réalité. M. Copé a complètement abandonné les quartiers populaires", s'insurge-t-il déplorant une insuffisance d'effectifs dans la police et les tribunaux. "C'est un vrai métier de faire de la sécurité, de remonter des filières", cela touche à toutes les questions "de l'argent salle, du rôle des banques, du poids des paradis fiscaux".

"Ce n'est pas en mettant des caméras de surveillance" qu'on résout les difficultés ajoute-t-il pointant, à son tour, le bilan du candidat UMP. "M. Copé, cela fait 17 ans qu'il nous fait le coup de la sécurité".

Les opposants en embuscade
Le candidat FG est confiant. Il vise le second tour des législatives et envisage même d'être élu au premier tour.

Celui qui veut "rassembler la gauche" et défend avant tout la cohérence du programme "L'humain d'abord" assure que la candidate EELV, Caroline Pinet, "n'est soutenue que par quelques notables de la rue Solferino". "Les militants socialistes de Meaux sont derrière nous", assure M. Quercy.

Pour accéder au second tour, il faut obtenir au moins 12,5% des suffrages des 73.000 inscrits dans cette circonscription, soit 9.300 bulletins de vote.

"On part avec un potentiel de 6.000 voix", résume M. Quercy eu égard au score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et qui, se targuant du soutien des électeurs socialistes, lorgne du côté des quelque 15.000 voix recueillies par Hollande.

Mais Caroline Pinet elle aussi se dit confiante, citant notamment le sondage BVA qui lui donne 26% des suffrages devant Mme Arnautu (14%) et M. Quercy (14%). Entrée en politique "qu'en 2009 avec EELV", la candidate écologiste souhaite "que ce territoire soit au cœur du changement" dans un département qui compte "neuf députés UMP sortant".

"M. Copé cumule beaucoup de mandats. Cela fait longtemps qu'il est sur le terrain. Il y a une certaine lassitude des électeurs", affirme-t-elle avant de conclure : "Tout est possible dans cette circonscription".

Elle sera en tous les cas suivie de très près bien au-delà du seul périmètre de Meaux.

Jean-François Copé quitte la salle des Orphelins d'Auteuil à Paris, le 5 juin 2012. (CR)

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