"Islamo-gauchisme" à l'université : "Faire du CNRS une police politique" est "consternant", déplore Michel Deneken, de l'université de Strasbourg

Michel Deneken, administrateur provisoire de l'université de Strasbourg, fustige les propos de Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, qui a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités.

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Radio France
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Michel Deneken, le 12 novembre 2018, à Strasbourg. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

"Faire du CNRS une police politique, c'est quand même assez consternant", réagit mercredi 17 février sur franceinfo Michel Deneken, administrateur provisoire de l'université de Strasbourg après un premier mandat de président. Il s'exprimait alors que la ministre de l'Enseignement supérieur a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités. Frédérique Vidal souhaite charger le CNRS d'enquêter à l'université pour distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion.

"Les mots n'ont plus de sens parce que, pour moi, 'enquête', c'est la police qui enquête. Faire du CNRS une police politique, c'est quand même assez consternant. D'autant que le CNRS est un allié des universités", déplore Michel Deneken.

"C'est une ministre qui est fatiguée, extrêmement chahutée depuis des mois. La situation dans les universités est compliquée et elle a lâché là un mot qui est dangereux. Elle l'a changé à l'Assemblée nationale mais n'a pas changé sa volonté de faire faire un bilan."

Michel Deneken

à franceinfo

"On est toujours présent pour alimenter les débats de société, pour aider notre société à avancer. On n'a pas à bénir la ligne d'un parti. Ce n'est pas notre rôle, affirme Michel Deneken. La société d'aujourd'hui a du mal à accepter un débat contradictoire qui ne soit pas caricatural."

Pour l'administrateur provisoire de l'université de Strasbourg, "il y a eu des empêchements de faire des conférences ou des débats, et ceci est scandaleux. Mais ça vaut autant pour les pseudo 'islamo-gauchistes' que pour l'extrême droite ou l'extrême gauche". Il déplore "une hystérisation des débats" sur de nombreuses questions de société.

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