Hollande reproduit les erreurs de Jospin en 2002, selon Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, a accusé samedi dans "Le Monde" François Hollande et le PS de reproduire les erreurs de la campagne de Lionel Jospin en 2002 en tablant uniquement sur un rejet de Nicolas Sarkozy.

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon (AFP)

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, a accusé samedi dans "Le Monde" François Hollande et le PS de reproduire les erreurs de la campagne de Lionel Jospin en 2002 en tablant uniquement sur un rejet de Nicolas Sarkozy.

Jean-Luc Mélenchon agite dans Le Monde le spectre de 2002, lorsque le candidat socialiste, Lionel Jospin, avait été éliminé dès le premier tour de la présidentielle en arrivant troisième derrière Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac.

"Pour la première fois, vous avez une élection dans laquelle le candidat du PS n'a strictement rien à proposer au grand nombre. Rien", affirme Jean-Luc Mélenchon dans cette interview au Monde. "Ils sont repartis sur le schéma de campagne de Jospin. Ils pensent que Sarkozy est battu d'avance et qu'il ne faut rien dire qui empêche des centristes, ou certains électeurs de droite, de voter pour eux. Voilà leur stratégie", ajoute le candidat du Front de gauche.

Evoquant le deuxième tour, le député européen précise : "Vous admettrez que je prépare ce moment avec beaucoup d'énergie. Car ce sera bien différent selon que le Front de gauche fera 5 % ou 15 %. S'il est à 15 %, il va falloir que le PS arrache un paquet de pages de son programme pour coller les nôtres s'il veut convaincre nos électeurs. Est-ce qu'ils pensent qu'ils vont attraper nos électeurs avec ce tract dans lequel ils réduisent la retraite à 60 ans aux seules carrières longues ?".

Evoquant le Front National et Marine Le Pen qu'il a qualifié de "semi-démente", Jean-Luc Mélenchon met en cause la stratégie socialiste en expliquant que selon lui "la gauche que je veux entraîner n'a pas d'avenir si elle ne reprend pas le terrain dans le peuple. En milieu populaire, il y a le FN et nous. Il y a une responsabilité du PS qui a abandonné consciemment le terrain parce qu'il se figurait que les classes moyennes urbaines suffiraient à porter un projet socialiste devenu consensuel et non conflictuel".