Grève à la SNCF : le gouvernement parie sur l’essoufflement

Emmenés par la CGT et Sud Rail, les cheminots s’opposent au projet de réforme ferroviaire et perturbent le bon déroulement des épreuves du baccalauréat qui démarrent ce lundi. Le ministre de l’Education nationale a promis de la souplesse pour les retardataires mais la gêne va persister pour des millions de voyageurs sans qu’une issue se dessine dans ce conflit.

(Illustration de la grève à la SNCF à la gare de Lyon à Paris ce week-end © Maxppp / Humberto de Oliveira)

Chaque camp campe sur ses positions. Dimanche, le Premier ministre a de nouveau réclamé la fin de la grève. Manuel Valls qui affiche fermeté et détermination dans le sillage du président de la République. Et ils ont calculé les risques. Car l’Elysée en est persuadé, la grève n’ira pas au delà de mardi. C’est à ce moment là que débuteront les débats à l’Assemblée sur le projet de réforme de la SNCF. Voilà pourquoi le couple Hollande/Valls affiche une fermeté presque provocante.

 

Les amendements des communistes seront examinés

Au château, les conseillers ont tourné le problème dans tous les sens et ils font le constat suivant : la CGT est débordée par sa base certes, mais le mouvement ne sera pas relayé par le Front de gauche à l’Assemblée, les députés sont prêts à discuter, d'ailleurs leurs amendements seront examinés avec bienveillance. Et s’il reste des points durs, hé bien la SNCF n’aura qu’à négocier avec les dépôts concernés.

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"Personne ne comprend cette grève"

En fait, l’exécutif joue l’opinion publique contre les grévistes, une vieille technique, parfois efficace. Quand ils réclament la fin de la grève, François Hollande et Manuel Valls estiment qu’ils défendent l’intérêt général. "Personne ne comprend cette grève ", explique un proche du Président, et il ajoute un brin perfide : "Je soupçonne même certains grévistes de ne pas comprendre pourquoi ils sont en grève ". Le pouvoir fait donc le pari d’un essoufflement du mouvement. Un pari toujours un peu risqué.

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