Valls 2 : la nomination de Macron saluée par la droite et les patrons, décriée à gauche

Ce jeune énarque, ancien banquier chez Rothschild a été nommé à l'Economie et à l'Industrie. 

Emmanuel Macron, alors conseiller du président de la République, le 29 octobre 2012, à Paris. 
Emmanuel Macron, alors conseiller du président de la République, le 29 octobre 2012, à Paris.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Ancien banquier chez Rothschild et libéral assumé, le jeune énarque Emmanuel Macron va poser ses valises à Bercy. A 36 ans, il a récupéré le portefeuille de l'Economie et de l'Industrie, mardi 26 août, dans le gouvernement Valls 2. La nomination de cet "anti-Montebourg" hérisse la gauche, mais est saluée par la droite et le patronat. Extraits.

Une "provocation" pour les frondeurs...

A gauche, il n'y a guère que Manuel Valls pour y voir un "beau symbole" et balayer "des critiques, des étiquettes, qui à [son] avis sont dépassées, surannées". Et éventuellement Arnaud Montebourg pour lui souhaiter, sur Twitter, la bienvenue, lui avec qui il a "si bien travaillé dès les premiers instants du ministère du Redressement productif". 

Les frondeurs socialistes, eux, s'étouffent. Un peu comme Jean-Marc Germain, qui juge que ce choix "donne un affichage qu'[il] regrette, de quelqu'un dont le parcours était dans la finance, (...) c'est un symbole regrettable". Comme beaucoup, Laurent Baumel martèle qu'il s'agit d'"une provocation évidente" et ne "voi[t] pas l'intérêt de l'exécutif à narguer la gauche, à lui faire des pieds de nez". Pouria Amirshahi dénonce de son côté "la grande dérive sociale (voire néo) libérale" et veut "dessiner" "un autre chemin".

La gauche de la gauche n'est pas moins remontée. Pour le patron du Parti communiste, Pierre Laurent, cette nomination représente la consécration d'"une politique plus droitière que jamais", tandis que Martine Billard, du Parti de gauche, voit "la finance s'étaler au pouvoir avec Manuel Valls". Pour Emmanuelle Cosse, cheffe de file d'Europe Ecologie-Les Verts, plus modérée, ça "ne va pas dans le sens" d'une "refonte de la politique économique".

... "un signal positif pour le monde des entrepreneurs"

"Enfin un type à l'économie qui sait comment ça marche !", s'est rapidement réjoui l'UMP Dominique Dord. "Cette nomination est un signal positif pour le monde des entrepreneurs" et "de nature à rassurer", selon le président du Club des entrepreneurs, Guillaume Cairou. Et d'ajouter : "Il nous apparaît intéressant qu'un homme de la qualité et du talent d'Emmanuel Macron puisse veiller à la pertinence et à l'efficacité des réformes structurelles dont notre modèle économique a besoin afin de lever les obstacles à notre compétitivité." 

Quant à Pierre Gattaz, président du Medef, il reconnaît sur RTL "trois atouts" au nouveau ministre : "Il connaît l'entreprise, l'économie de marché et la mondialisation." Enfin, côté centristes, François Sauvadet, le vice-président de l’UDI, a indiqué que "le message [était] sans ambiguïté avec la nomination d’Emmanuel Macron à l’Economie : la finance n’est plus un ennemi !"