Un syndicat enseignant organise un nouveau "stage antiraciste" sur le "traitement des populations non-blanches"

En 2017, des ateliers du même type organisés par Sud Education 93, dont certains "en non-mixité", avaient provoqué un tollé et une plainte du ministre de l'Education.

Stage syndical proposé par Sud Education 93.
Stage syndical proposé par Sud Education 93. (CAPTURE D'ÉCRAN)

L'entourage du ministre de l'Éducation condamne une initiative "contraire aux valeurs de l'école républicaine", après l'annonce d'un nouveau stage organisé par le syndicat Sud Éducation 93 et intitulé "Comment entrer en pédagogie antiraciste". Le syndicat, de son côté, entend dénoncer un "racisme d'Etat" et estime qu'il n'est "pas anti-républicain de lutter contre les discriminations".

Un premier stage organisé en décembre 2017 avait suscité la polémique. Certains ateliers "en non-mixité" étaient réservés à des personnes "racisées", c'est-à-dire s'estimant victimes de préjugés ou de discriminations racistes en raison de leur origine. Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer avait porté plainte pour diffamation, condamnant notamment l'expression de "racisme d'État" employée par Sud Éducation. La plainte avait été classée sans suite.

Former à la lutte contre le racisme dans l'éducation

Dans le tract de présentation de ce nouveau stage, prévu les 15 et 16 avril prochains, Sud Éducation 93 explique que le but est de "donner des outils pour lutter contre le racisme que rencontrent, au sein de l'institution scolaire, différentes catégories de personnes membres de la communauté éducative".

Cette fois, aucune mention n'est faite du "racisme d'État" qui avait provoqué la plainte du ministère de l'Éducation nationale à l'époque. En revanche, "un atelier en non-mixité" est à nouveau organisé, une initiative jugée "inconstitutionnelle et inacceptable" en 2017 par Jean-Michel Blanquer.

D'autres ateliers sont prévus : "L'histoire décoloniale pour déconstruire le roman national dans une école raciste et libérale" ou encore "Accueillir les parents racisés, les défendre contre les attaques racistes et islamophobes de l'institution et les soutenir".

Une initiative controversée

Dans l'entourage de Jean-Michel Blanquer, contacté par franceinfo, on dénonce une initiative "contraire aux valeurs de l'école républicaine". Pour l'instant, le ministre n'a pas réagi officiellement et aucune plainte n'a été déposée, même si "toutes les possibilités de recours sont étudiées".

Sud Éducation 93 estime, pour sa part, qu'il n'est "pas anti-républicain de lutter contre les discriminations". Le syndicat affirme, par ailleurs, que les "ateliers en non-mixité" sont un "outil militant" qui n'a pas pour but d'être "généralisé" mais de permettre "à un moment donné, dans un endroit donné" à des personnes de "discuter des discriminations" et "des problématiques propres" qu'elles subissent.