Quotas d'immigration : un virage à droite du gouvernement ?

Le gouvernement veut instaurer des quotas d'immigration économique pour rediriger les nouveaux arrivants sur le territoire vers des secteurs manquant de main-d'œuvre. Les précisions de la journaliste Nathalie Saint-Cricq sur le plateau de France 2.

France 2

La volonté du gouvernement de mettre en place des quotas d'immigration économique afin de pourvoir les postes dans les secteurs en manque de main-d'œuvre marque-t-elle un tournant ? "C'est clairement un virage à droite, d'abord parce que l'exécutif ne veut pas que le Rassemblement national ou la droite ait le monopole du discours sur l'immigration. Ensuite, parce qu'Emmanuel Macron considère que cette thématique va prendre de l'ampleur dans les mois qui viennent, d'où notamment ces quotas. Pendant la campagne électorale, en 2017, Emmanuel Macron trouvait ce système trop complexe à piloter. Aujourd'hui, manifestement, il s'est converti. Résultat : la droite est un peu coincée et la gauche, qui aurait poussé des hurlements il y a vingt ans, est un peu gênée aussi", explique la journaliste Nathalie Saint-Cricq sur le plateau du 13 Heures.

Les conditions au regroupement familial vont être durcies

Cette mesure sur les quotas n'est que le début d'une longue série d'annonces sur l'immigration. "Il y a tout un plan qui va être dévoilé mercredi 6 novembre. Les mesures vont dans le sens d'un durcissement. Premièrement, un durcissement des conditions du regroupement familial quant au délai et quant au périmètre. Deuxièmement, il va y avoir l'annonce de l'augmentation de l'aide publique au développement, mais avec des conditions. En clair, on donne plus d'argent à certains pays, mais en échange, ils s'engagent à faciliter le retour de leurs ressortissants dans leur pays. Troisièmement, les demandeurs d'asile qui bénéficient aujourd'hui de la Puma, la protection universelle maladie, un très large panier de soins, devront attendre trois mois avant de pouvoir en profiter. Ils resteront à l'AME (aide médicale de l'État). De quoi donner moins envie de venir à ceux qui ne sont pas de véritables demandeurs d'asile. Cela constitue un vrai tournant et une stratégie pour contrer la montée de Marine Le Pen. On verra si les Français sont convaincus", conclut-elle.

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, prononce un discours lors d'un débat sur la politique d'immigration de la France, à l'Assemblée nationale, le 7 octobre 2019. (ALAIN JOCARD / AFP)