Privatisation d'Aéroports de Paris : "Il faut éviter le précédent des autoroutes, mal vendues"

Les aéroports de la région parisienne peuvent-ils être privatisés sans risque ? L'économiste Christophe Ramaux et le journaliste Étienne Lefebvre en débattent dans le Soir 3 mardi 12 mars.

France 3

"L'État n'est pas forcément le mieux à même de gérer des aéroports. Il n'a pas montré qu'il était un très bon gestionnaire d'Aéroports de Paris (ADP) pour le moment. Tant qu'il conserve le contrôle des frontières, les taxes aéroportuaires et la régulation du trafic, les intérêts stratégiques sont conservés", estime Etienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos.

Cette privatisation "n'a aucune justification économique. C'est totalement incompréhensible. L'État veut vendre ADP pour créer un fonds de dix milliards qui rapportera 100 ou 200 millions d'euros par an, c'est-à-dire qui rapportera moins que ce lui rapporte ses participations actuelles dans Aéroports de Paris", s'étonne Christophe Ramaux, professeur d'économie membre des Économistes atterrés.

"En position de force"

"L'État peut garder une partie du capital, accorder une participation à des collectivités franciliennes. Mais s'il veut maximiser le produit de la vente, il faut faire une vente en bloc. Il faut éviter le précédent des autoroutes qu'il a mal vendues. La différence principale c'est qu'il y a beaucoup de candidats. Il est en position de force", assure Étienne Lefebvre.

"Le pire, pour Christophe Ramaux, c'est que la concession est prévue pour 70 ans et l'État va être obligé d'indemniser les actionnaires parce qu'ADP sera renationalisé en 2089. On va payer tout de suite pour la future renationalisation dans 70 ans". "C'est assez ubuesque en effet", juge aussi Étienne Lefebvre.

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Aéroport de Roissy Charles de Gaulle en 2013 (FRED DUFOUR / AFP)