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Google et des associations antiracistes ont trouvé un accord sur l’association du mot "juif"

Des associations antiracistes à l’origine d’une plainte déposée contre Google pour l’association systématique du mot "juif" à des personnalités françaises -dont des candidats à la présidentielle- ont trouvé un accord avec le moteur de recherche.
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France Télévisions
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François Hollande le 24 mars à Ajaccio (FRED DUFOUR / AF)

Des associations antiracistes à l'origine d'une plainte déposée contre Google pour l'association systématique du mot "juif" à des personnalités françaises -dont des candidats à la présidentielle- ont trouvé un accord avec le moteur de recherche.

Google et des associations antiracistes françaises, qui reprochaient à la fonction "Google Suggest" du moteur de recherche d'associer systématiquement le mot "juif" à des personnalités, ont trouvé un accord. Elles ont retiré leur plainte jeudi, rapporte Libération dans son édition du 28 juin. L'accord, lui, reste confidentiel.

Souvenez-vous : durant la campagne, Francetv 2012 avait dressé les portraits Google des principaux candidats à l'élection présidentielle, afin de déterminer leur réputation numérique.

Or, la fonctionnalité "Google Suggest" échappe au travail de référencement des agences de communication. Lancée en 2008, elle permet d'associer à une recherche les occurrences les plus demandées par les internautes.

Le terme "juif" est associé à la plupart des personnalités françaises. Une préoccupation typiquement hexagonale : dans un article intitulé "Et François Hollande est-il juif ?", Télérama expliquait que "l'internaute français, quand il cherche des renseignements sur une personnalité politico-journalistique, veut prioritairement savoir si elle est juive."

Plusieurs associations françaises, dont le MRAP et SOS Racisme, ont donc déposé une plainte contre Google pour l'association systématique du mot "juif" à plusieurs personnalités françaises lors de l'utilisation de la fonction Google Suggest.

"Critères purement objectifs"

Selon l'avocat de SOS Racisme, Patrick Klugman, ce service de Google a abouti à "la création de ce qui est probablement le plus grand fichier de l'histoire".

Pourtant, la loi interdit de collecter des données sur les opinions religieuses des personnes, mais cette interdiction ne s'applique pas aux moteurs de recherche.

Jusqu'à présent, le moteur de recherche s'était défendu en expliquant que le processus était entièrement automatisé, "selon des critères purement objectifs correspondant aux requêtes préalablement saisies par les internautes".

Toutefois, ses suggestions passent par un filtre limitant les contenus pornographiques, violents ou faisant appel à la haine raciale. Mais, n'étant ni insultant, ni illégal en lui-même, le terme "juif" ne fait pas partie des mots-clés interdits.

Médiation confidentielle

Cette plainte, déposée par SOS Racisme, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), J'accuse!, Action internationale pour la justice et le Mouvement international pour l'amitié entre les peuples, a été retirée jeudi.

La juge, Martine Provost-Lopin, a accepté fin mai le principe d'une médiation pour trouver une solution satisfaisante à toutes les parties. Une mesure confirmée par un porte-parole du moteur de recherche.

Une médiation a donc été trouvée, mais son contenu n'en demeure pas moins secret pour l'instant.

"Nous avons trouvé un accord qui reste pour l'instant confidentiel", s'est félicité le président de l'UEJF, Jonathan Hayoun, qui compte sur cette médiation pour voir le moteur de recherche aboutir à des "modifications importantes, qui seront très visibles prochainement".

Reste à savoir quand et comment Google compte améliorer sa propre e-réputation.

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