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Futur gouverneur de la Banque de France : 150 économistes dénoncent un "grave conflit d'intérêts"

François Villeroy de Galhau était, de 2011 jusqu'en avril dernier, le directeur général délégué de BNP Paribas.

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François Villeroy de Galhau s'exprime lors d'une conférence de presse de BNP Paribas, le 13 février 2014, à Paris. (MAXPPP)

François Hollande va-t-il devoir faire marche arrière ? Près de 150 économistes dénoncent, mardi 15 septembre, dans une tribune publiée sur le site du Monde, le choix du chef de l'Etat de désigner François Villeroy de Galhau comme futur gouverneur de la Banque de France. Les signataires, parmi lesquels Thomas Piketty, s'inquiètent d'un "grave problème de conflit d'intérêts", du fait du passé de l'énarque chez BNP Paribas.

Ancien haut fonctionnaire et ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn au ministère de l'Economie et des Finances, François Villeroy de Galhau était, de 2011 jusqu'en avril dernier, le directeur général délégué de la BNP.

Une indépendance remise en cause

Si les signataires reconnaissent l'"expertise" du banquier, ils contestent "son indépendance""Il est totalement illusoire d’affirmer qu’on peut avoir servi l’industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance", écrivent-ils, accusant l'Elysée d'être "prisonnier des intérêts financiers".

Les universitaires rappellent la mission d'intérêt général du gouverneur de la Banque de France, qui est le "relais en France de la politique monétaire de la Banque centrale européenne et le principal représentant de la France dans les instances internationales chargées de la régulation bancaire".

Une nomination rejetée par le Parlement ?

Avant d'être officialisée, la nomination de François Villeroy de Galhau à la place de Christian Noyer doit encore être validée par les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, le 29 septembre, indique le site du Monde. Et les signataires de la tribune de lancer un appel : "Mesdames et Messieurs les parlementaires, qui allez bientôt vous prononcer sur cette nomination, nous vous demandons de ne pas l'approuver."

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