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Sur quoi le FN va-t-il débattre lors de son séminaire de refondation ?

Les cadres du Front national se réunissent jusqu'à samedi pour faire le bilan des élections et réfléchir à l'avenir. Le tout sur fond de tensions internes. Franceinfo résume les enjeux de cette réunion. 

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Marine Le Pen, présidente du Front national, lors d'une conférence de presse, à Lens (Pas-de-Calais), le 14 juin 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Au Front national, c'est l'heure de la grande explication. Depuis sa défaite au second tour de la présidentielle et la déroute de ses candidats aux législatives, le parti d'extrême droite n'en finit plus de se déchirer sur la ligne à adopter. Pour mettre à plat les tensions internes, Marine Le Pen réunit ses troupes pendant deux jours, à partir du vendredi 21 juillet. Un séminaire à huis clos, qui se tiendra au siège du parti à Nanterre (Hauts-de-Seine), mais dont franceinfo vous résume les principaux axes. 

Sur le bilan des élections

Au FN, l'échec électoral du printemps est encore dans toutes les têtes. Les 11 millions de voix recueillies par Marine Le Pen au second tour de la présidentielle n'ont pas suffi à effacer sa prestation lors du débat de l’entre-deux-tours. En interne, certains pensent que la candidate a "sapé une bonne part du travail qui avait été fait sur son image", écrit La Croix

Quant aux résultats obtenus lors des législatives, ils ont aussi beaucoup déçu. Le parti espérait une trentaine d’élus ; il n'en a finalement obtenu que six (plus deux apparentés). Pas assez pour créer un groupe à l’Assemblée nationale. Invitée de France 2, jeudi, la présidente du FN a confirmé que le séminaire aura notamment pour but de "faire le bilan des élections", de voir ce "qui a fonctionné" et ce "qui n'a pas fonctionné".

Sur ses ennuis judiciaires 

Marine Le Pen a mené sa campagne électorale avec plusieurs cailloux judiciaires dans la chaussure. Et sur ce sujet-là, elle aura du mal à se dérober. Le FN est aujourd'hui inquiété dans plusieurs affaires : l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de ses assistants au Parlement européen et celle sur le financement de ses campagnes depuis 2011.

Certains frontistes craignent des rebondissements judiciaires dans les prochains mois. "Il y aura du bleu marine à tous les étages, mais version police, et la direction sera décimée", s'inquiète auprès de l'AFP un soutien de l'ancienne députée Marion Maréchal-Le Pen.

Sur la ligne du parti

C'est l'autre grand chantier du parti, et il n'est pas des moindres : fixer la nouvelle ligne du FN. Aujourd'hui, deux camps s'opposent. D'un côté, ceux pour qui le parti ne peut pas se défaire de ses "fondamentaux", en l'occurrence la sécurité, l'immigration et l'identité. De l'autre, les partisans du vice-président Florian Philippot, qui tiennent absolument à la ligne "ni droite-ni gauche" et qui placent l'hostilité à l'euro au-dessus de tout. Sur le site de son association Les Patriotes, le numéro 2 du parti se dit persuadé qu'"on ne rassemblera pas une majorité de Français en se repliant sur une base programmatique restreinte". 

Mais Florian Philippot n'est plus en odeur de sainteté au sein du FN. "C'est bien le poids de celui-ci et de la sensibilité qu'il incarne, notamment au sujet de la sortie de l'euro, qui représente le sujet de discussion le plus sensible", écrit ainsi L'Express. Beaucoup le tiennent pour responsable de l'échec électoral des mois de mai et juin. Faut-il s'ouvrir ? Et si oui, comment ? "Nous devons organiser le mouvement pour pouvoir accueillir au-delà du FN ceux qui veulent mener le combat pour la France", a simplement déclaré Marine Le Pen sur France 2, avant l'ouverture du séminaire.

Sur un éventuel changement de nom 

Rien n'est encore décidé, mais la refondation du parti pourrait aussi passer par un changement de nom. "Le sujet est sur la table, assure La Croix. Marine Le Pen y est favorable et a précisé que cette question serait posée aux adhérents lors d’une consultation", laquelle devrait se tenir en septembre. Pour le quotidien, cela "tournerait définitivement la page de l’ère de Jean-Marie Le Pen, cofondateur du parti en 1972 et dont la fonction de président d’honneur du FN devrait être supprimée."

Sur le cas de Jean-Marie Le Pen

Depuis qu'il a été exclu en août 2015, "l'ombre du président d'honneur plane sur les instances du parti", estime Le Figaro. La suppression de sa fonction devrait être évoquée pendant le séminaire. "Mais quelques rares fidèles réclament un apaisement, et certains militants restent attachés à lui", souligne le quotidien. Jusque-là, la justice a toujours donné raison au cofondateur du Front national. 

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