Perpignan : la mairie veut baptiser une esplanade au nom de Pierre Sergent, un chef de l'OAS, SOS Racisme saisit la préfecture

Louis Aliot, le maire Rassemblement national de Perpignan, explique vouloir mettre "en avant le fait qu'il soit un résistant", mais SOS Racisme retient surtout son passé de chef de l'Organisation de l'armée secrète (OAS).

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Radio France
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Louis Aliot, le maire de Perpignan, lors d'un discours devant le Rassemblement national au Cap d'Agde, le 18 septembre 2022. (PASCAL GUYOT / AFP)

La mairie de Perpignan a décidé, lors d'un conseil municipal le 22 septembre, de baptiser une esplanade de la ville du nom de Pierre Sergent, un ancien résistant, puis chef de l'Organisation de l'armée secrète (OAS) qui défendait l'Algérie française et membre du Front national. SOS Racisme indique avoir saisi le préfet des Pyrénées-Orientales pour faire annuler cette décision, mardi 27 septembre à franceinfo. 

Contacté par franceinfo, Louis Aliot, le maire Rassemblement national de Perpignan, explique vouloir mettre "en avant le fait qu'il soit un résistant, qu'il ait porté l'étoile jaune en solidarité avec les Juifs persécutés à cette époque-là. Ensuite, il a eu son parcours, y compris son parcours de défense de l'Algérie française. (…) C'est en accord avec toutes les associations de rapatriés mais aussi un certain nombre d'associations d'anciens combattants".

SOS racisme dénonce une "tentative de réhabilitation" 

Dans son courrier envoyé au préfet du département, SOS Racisme reproche précisément au maire d'honorer Pierre Sergent non pas "en dépit" mais "en raison de son engagement en faveur de l'Algérie française, y compris dans les formes les plus violentes qu'il choisit d'emprunter". Pendant le conseil municipal du 22 septembre, un adjoint au maire et son prédécesseur Jean-Marc Pujol ont en effet vanté son implication dans la "défense des intérêts français".

"Pierre Sergent est avant tout connu pour avoir été un des dirigeants de l'OAS en métropole, donc une organisation terroriste qui a à son actif beaucoup de sang versé pendant la guerre d'Algérie, que ce soit en Algérie ou en métropole. On est là dans une tentative de réhabilitation", dénonce le président de l''association, Dominique Sopo, au micro de franceinfo.

Louis Aliot accusé d'électoralisme 

Pour SOS Racisme, baptiser ainsi cette esplanade est faire l'apologie du terrorisme, cela ne poursuit aucun intérêt public local, ne vise pas à protéger l'ordre public, ne préserve pas l'image de la ville, ne respecte pas la sensibilité des personnes et ne respecte pas les principes d'égalité des citoyens et de neutralité "selon la portée qu'on leur accorde". Autant de raisons légales pour lesquelles l'association espère que le préfet estimera que la décision du conseil municipal est illégale et qu'il demandera à un juge administratif d'en prononcer l'annulation.

SOS Racisme s'interroge aussi sur les motivations du maire, alors que Louis Aliot se présente à l'élection pour la présidence du Rassemblement national. Interrogé sur un éventuel geste électoraliste, celui-ci affirme qu'il n'en est rien.

"Ce n'est pas nouveau", balaie l'édile, qui explique avoir repris une idée de son prédécesseur, "ça n'a rien à voir avec la campagne interne et les Perpignanais sont bien au courant".

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