Législatives 2024 : "big bang de l'autorité" à l'école, suppression du droit du sol... Jordan Bardella a présenté le programme du RN

Le président du Rassemblement national, qui aspire à devenir Premier ministre à l'issue du scrutin des 30 juin et 7 juillet, a détaillé les mesures de son parti.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, 
lors de la présentation du programme du parti pour les élections législatives, à Paris, le 24 juin 2024. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"En trois mots, nous sommes prêts." Jordan Bardella a présenté le programme du Rassemblement national (RN) si le parti d'extrême droite obtient la majorité absolue lors des élections législatives des 30 juin et 7 juillet. Le président du RN, qui aspire à devenir Premier ministre à l'issue du scrutin, a d'abord listé ses priorités, lors d'une conférence de presse, à Paris : "la relance du pouvoir d'achat", "le rétablissement de la sécurité sur tout le territoire" et "la reprise en main de notre politique d'immigration". Accusé de renoncer à certaines de ses promesses, il a affirmé être "le candidat de la vérité", qui "ne promettra pas ce qu'il ne peut pas tenir".

L'une des mesures phares annoncées concerne l'éducation. Jordan Bardella a déclaré vouloir un "big bang de l'autorité". "Les téléphones portables seront interdits dans les établissements scolaires dont les lycées", "le vouvoiement des enseignants sera obligatoire et l'expérimentation du port de l'uniforme sera poursuivie : je suis, à titre personnel, favorable à son instauration à l'école primaire, mais aussi au collège", a-t-il expliqué. Sur les enseignements, "nous voulons remplacer le collège unique par un collège modulaire", pour orienter "plus tôt" vers les filières professionnelles, a-t-il ajouté, confirmant par ailleurs sa volonté de créer des "centres spécialisés" où seraient isolés les "élèves perturbateurs ou harceleurs".

Il veut supprimer le droit du sol

Le président du Rassemblement national a également évoqué ses priorités sur le thème de la sécurité et de l'immigration. Jordan Bardella a affirmé qu'il serait "le Premier ministre qui remettra la sécurité au cœur de l'action publique", en instaurant notamment des "peines minimales et peines plancher qui permettront de casser la récidive". Il prévoit également de "suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs récidivistes" et de "mettre fin à l'excuse de minorité". "Nous instaurerons des peines d'incarcération courtes, d'application immédiate, par la généralisation de centres éducatifs fermés dédiés aux mineurs", a-t-il détaillé.

S'agissant de l'immigration, "j'entends supprimer le droit du sol", a-t-il confirmé. "L'acquisition automatique de la nationalité française ne se justifie plus dans un monde à 8 milliards d'individus, et alors que se multiplient sur notre sol les épreuves quotidiennes de notre incapacité à intégrer et à assimiler", a-t-il justifié. Pour expulser davantage de "délinquants et criminels étrangers", le président du RN a proposé de "rétablir le délit de séjour irrégulier". Cette "première étape législative" comprendra également les dispositions censurées par le Conseil constitutionnel en début d'année sur le projet de loi immigration.

Afin "d'entériner ces mesures dans la Constitution française pour les rendre aussi intouchables par des jurisprudences européennes ou internationales", Jordan Bardella va tenter de "convaincre le président de la République" d'organiser un référendum sur la base de l'article 11 de la Constitution.

Il entend abaisser la TVA sur l'énergie

Alors que son parti veut exclure les binationaux de certains postes publics, Jordan Bardella a répondu lors d'une session de questions-réponses avec les journalistes qu'"aucun droit ne [serait] enlevé à un seul Français" mais "que les postes les plus stratégiques de l'Etat [seraient] réservés aux nationaux français". Il entend ainsi lutter contre les "tentatives d'ingérences orchestrées par des intérêts étrangers".

Sur le plan économique, Jordan Bardella a maintenu que le RN entendait baisser la TVA à 5,5% en matière d'énergie, une mesure chiffrée à 17 milliards d'euros par le ministère de l'Economie. Sur les dépenses publiques, justement, l'aspirant à Matignon ne s'est pas engagé sur un chiffrage, en disant vouloir confier à une "commission du bilan" le soin de "faire la lumière sur les finances publiques et les dérives budgétaires sans précédent du pouvoir sortant". Il entend s'attaquer à des "dépenses qui favorisent l'immigration" et à "certaines niches fiscales coûteuses et abusives".

En cas de victoire aux législatives, cet audit budgétaire servira notamment au RN à préciser les contours de sa réforme des retraites. Dès cet automne, "les Français qui ont commencé à travailler avant 20 ans, qui justifient de 40 annuités, pourront partir à la retraite dès 60 ans", a-t-il assuré. "Pour les autres, une progressivité sera mise en œuvre (...) avec un âge légal de 62 ans et un nombre d'annuités allant jusqu'à 42 années de cotisations."

Jordan Bardella a enfin abordé son programme sur la santé. Pour lutter contre les déserts médicaux, le président du Rassemblement national entend soutenir le retour en activité des professionnels retraités et promet, sans en préciser les contours, des "incitations à aller dans les zones" désertées. Le programme mis en ligne sur le site du parti d'extrême droite n'apporte pas plus de précisions sur ces points.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.