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La polémique entre le FN et le Qatar en trois actes

Marine Le Pen a déclaré, mardi, vouloir "faire le procès du Qatar" après la plainte en diffamation déposée par l'émirat contre Florian Philippot. Le numéro 2 a accusé le Qatar de financer le terrorisme.

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France Télévisions
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Le vice-président du Front national, Florian Philippot, à Metz (Moselle), le 9 mars 2015. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

La guerre est déclarée entre le Front national et le Qatar. Contrarié par le discours du parti d'extrême droite, qui l'accuse régulièrement de financer le terrorisme, l'émirat a déposé plainte pour diffamation contre Florian Philippot, le n°2 du FN, en mars, selon Le Figaro de dimanche. Un procès dont Marine Le Pen dit vouloir se servir pour étayer ses accusations contre le Qatar. Retour en trois actes sur ce clash diplomatique.

Acte 1 : Le Qatar finance "l'islamisme qui tue", selon Philippot

Le Front national n'a jamais été tendre avec le Qatar : en 2012, Marine Le Pen avait notamment confié sa "gêne" après le rachat du Paris Saint-Germain par la famille royale de l'émirat. Mais le 9 janvier, deux jours après l'attentat contre Charlie Hebdo, Florian Philippot est allé plus loin, en réclamant l'arrêt total des relations diplomatiques entre la France et le Qatar, ainsi qu'avec l'Arabie saoudite : "Ces pays financent l'islamisme qui tue", assure-t-il alors sur Radio Classique, comme le relève le Lab. Une position déjà exprimée en septembre 2014 par Marine Le Pen, cette fois en référence à l'essor du groupe l'Etat islamique, racontait la Croix.

Le 19 janvier, Philippot persiste sur BFMTV, rappelle le Figaro. Face au vice-président du groupe d'amitié France-Qatar de l'Assemblée, le député PS Alexis Bachelay, qui explique qu'aucune preuve n'existe d'un financement de terroristes par le Qatar, le responsable frontiste réplique : "Vous cherchez des preuves. Elles sont pléthore, les preuves."

Acte 2 : le Qatar porte plainte pour diffamation contre Philippot

Un pays qui attaque un responsable politique étranger en justice, c'est "rarissime", selon le Figaro, dimanche 31 mai. Un juge d'instruction du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) aurait déjà été désigné, et les avocats Jean-Pierre Mignard et Francis Szpiner, respectivement proches de François Hollande et de Jacques Chirac, défendront les intérêts du Qatar. Le premier explique que "les accusations de Florian Philippot reposent sur la xénophobie la plus totale". Sur Twitter, le numéro du FN ne semble pas impressionné.

Acte 3 : Marine Le Pen veut "faire le procès du Qatar"

"Allez-y, portez plainte contre moi !" Mardi 2 juin, sur i-Télé, Marine Le Pen a expliqué qu'elle trouvait la plainte contre Florian Philippot "incroyable" : "Je crois que c'est la première fois qu'un pays porte plainte contre un parlementaire". Mais la président du FN semble se réjouir à l'avance de cette confrontation, qui "permettra de voir qui est complice du Qatar". Elle veut en profiter pour "faire le procès du Qatar" et "démontrer que c'est une puissance qui a financé les fondamentalistes islamistes". Mais pas question pour Marine Le Pen d'étayer ses accusations d'ici-là : "Il y a des dizaines de rapports", assure-t-elle, mais elle réserve les preuves "à la justice".

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