Jean-Marie Le Pen conteste en justice sa suspension du FN

Le député européen a été suspendu du parti il y a quelques semaines après des propos polémiques.

Le député européen Jean-Marie Le Pen, le 19 mai 2015 à Strasbourg (Bas-Rhin).
Le député européen Jean-Marie Le Pen, le 19 mai 2015 à Strasbourg (Bas-Rhin). (FREDERICK FLORIN / AFP)

Jean-Marie Le Pen contre-attaque. Le député européen du Front national a annoncé mardi 2 juin avoir assigné son parti devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour contester sa suspension du parti. "Je conteste mon exclusion comme adhérent et donc l'interprétation extensive" des statuts "qui me prive de ma présidence d'honneur, ce qui tend à me museler en vue du congrès par voie postale", a affirmé Jean-Marie Le Pen. Il avait été suspendu du FN le 4 mai après des propos polémiques publiés dans le magazine d'extrême droite Rivarol.

Il a critiqué une nouvelle fois l'assemblée générale extraordinaire convoquée par Marine Le Pen et la consultation des militants par courrier. "Il y aura une réponse par oui ou par non à un ensemble de questions", dont celle portant sur la suppression de la présidence d'honneur des statuts du FN, s'est-il indigné. "C'est une méthode stalinienne, ce n'est pas très courant à droite", s'est ensuite amusé Jean-Marie Le Pen, bientôt 87 ans.

Audience le 12 juin

Il a visé une énième fois le vice-président du FN Florian Philippot, évoquant les "socialistes-nationaux-gaullistes à la manoeuvre" au sein du parti. Le président d'honneur suspendu du FN a annoncé qu'une audience se tiendrait "le 12 juin" et qu'il serait "présent".

Le même jour, le FN a convoqué un bureau politique pour adopter l'ordre du jour de ce congrès extraordinaire. Wallerand de Saint Just, trésorier et ex-avocat du parti, a confirmé mardi à l'AFP que Jean-Marie Le Pen "a déposé une assignation tendant à contester la décision du 4 mai auprès du tribunal de Nanterre".

Vexé par sa suspension, le "Menhir", comme l'appellent ses fidèles, a multiplié les déclarations incendiaires contre sa fille, la présidente du FN, Marine Le Pen, et les cadres du parti. Il avait, quelques jours plus tard, annoncé la création d'une formation pour rassembler les "écœurés" du FN. La guerre entre le père et la fille se jouera désormais devant les tribunaux.