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Front national : la justice valide l'exclusion de Jean-Marie Le Pen, qui reste néanmoins président d'honneur

Le cofondateur du Front national reste exclu, mais pourra "participer" aux instances dirigeantes, en sa qualité de "membre de droit", ont expliqué, jeudi, les juges du tribunal de grande instance de Nanterre.

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Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN, le 28 septembre 2016, lors d'une conférence de presse, à Mormant (Seine-et-Marne). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Son avenir au FN n'est pas très clair. La justice a validé, jeudi 17 novembre, l'exclusion de Jean-Marie Le Pen en tant que membre du Front national, mais a estimé que cela n'avait "pas d'effet" sur son statut de président d'honneur du parti d'extrême droite, qu'il a cofondé.

Jean-Marie Le Pen avait été suspendu du FN en mai 2015, puis exclu en août  de la même année par le bureau exécutif, après une série de provocations à propos de la Shoah et du maréchal Pétain. Il avait notamment réitéré ses propos sur les chambres à gaz, "détail" de l'histoire de la seconde guerre mondiale, qui lui ont valu en avril une condamnation à 30 000 euros d'amende. Des provocations jugées pénalisantes pour le parti, selon ses dirigeants.

Un maintien "aberrant" pour Marine Le Pen

Avec cette décision, Jean-Marie Le Pen"demeure investi" de sa qualité de président d'honneur et, "en conséquence", "devra être convoqué en qualité de membre de droit de toutes les instances" dirigeantes du parti dirigé par sa fille Marine Le Pen et pourra y "participer", écrivent les juges du tribunal de grande instance de Nanterre dans leur décision. 

"C'est du grand n'importe quoi, c'est aberrant", a réagi Marine Le Pen. "On peut donc rester président d'honneur d'un parti, sans en être membre, et donc pourquoi pas en étant membre d'un autre parti politique", a-t-elle déploré.

"Une victoire pour Jean-Marie Le Pen", assure son avocat

Le Front national est, en outre, condamné à verser 15 000 euros de dommages et intérêts à Jean-Marie Le Pen, pour lui avoir interdit depuis plus d'un an d'exercer ses fonctions de président d'honneur et pour avoir publié, l'an dernier, les résultats d'une consultation des adhérents portant sur la suppression de la présidence d'honneur, malgré la suspension de cette consultation par la justice.

A trois reprises, l'an dernier, la justice avait donné raison à Jean-Marie Le Pen, d'abord en annulant sa suspension puis en suspendant, par deux fois, le congrès par correspondance censé supprimer ce statut de président d'honneur qui le rend membre de droit de toutes les instances du FN. “Le tribunal a respecté scrupuleusement les statuts. Ils disent que Jean-Marie Le Pen est président d’Honneur, sans limitation de durée. Ils disent qu’il a été élu à cette fonction par l’assemblée générale des adhérents, explique son avocat Frédéric Joachim, contacté par franceinfo. Cela résulte du droit associatif. Donc oui, Jean-Marie Le Pen peut rester Président d’Honneur, mais devra rendre sa carte de militant.”

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