Affaire des assistants FN au Parlement européen : convoquée par la police, Marine Le Pen a refusé d'être entendue

Sans la levée de son immunité de députée européenne, la présidente du Front national ne peut pas être contrainte de se rendre à une convocation de la police ou de la justice.

Marine Le Pen, jeudi 23 février 2017 à Paris.
Marine Le Pen, jeudi 23 février 2017 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)
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Marine Le Pen a refusé d'être entendue par la police judiciaire mercredi dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires FN au Parlement européen, a appris franceinfo de source judiciaire, vendredi 24 février, confirmant une information du Monde.

La présidente du Front national était convoquée mercredi à 14 heures, dans les locaux de l'office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle a indiqué par courrier qu'elle ne se rendrait à aucune convocation, ni policière, ni judiciaire, jusqu'aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Marine Le Pen est protégée par son immunité parlementaire de députée européenne. Sans la levée de cette immunité, elle ne peut pas être contrainte de se rendre à une convocation de la police ou de la justice.

"La justice ne doit pas perturber la campagne"

La candidate FN à la présidentielle, a expliqué à l'AFP qu'elle "ne répondrait pas pendant la campagne électorale" . "Comme pendant les régionales, je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice", a-t-elle indiqué.

Elle avait déjà défendu cette position lors du "20 heures" de TF1, toujours mercredi. "La justice n'est pas un pouvoir, c'est une autorité. Elle ne doit pas venir perturber, pour une enquête qui pourrait se dérouler plus tard, qui aurait pu se dérouler avant la campagne présidentielle, car c'est un moment démocratique important, fondamental dans notre pays", avait-elle alors indiqué.

Dans cette affaire, mercredi, les policiers avaient entendu deux proches de Marine Le Pen : sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, ainsi que son garde du corps. Thierry Légier était ressorti libre de sa garde à vue, tandis que Catherine Griset a été mise en examen pour recel d'abus de confiance.