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François Hollande a-t-il une dent contre les pauvres ?

Attaqué par Valérie Trierweiler sur sa prétendue aversion pour les pauvres, le chef de l'Etat se défend, soutenu par ses proches.

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Le président François Hollande salue des habitants de La Roche-sur-Yon (Vendée), après une visite de l'agence locale de Pôle emploi, le 6 août 2013. (FRANK PERRY / AFP)

Tout est parti d'une phrase, glissée dans un livre. François Hollande "n'aime pas les pauvres", écrit son ancienne compagne Valérie Trierweiler, dans son ouvrage Merci pour ce moment, publié jeudi 4 septembre. Interrogé sur le sujet, le président de la République s'est défendu, vendredi, en marge d'un sommet de l'Otan, se disant "au service des plus pauvres". Qu'en est-il vraiment ?

Ce qu'en dit Valérie Trierweiler

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches, écrit l'ancien première dame dans son livre, à la page 229. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche, dit en privé : 'les sans-dents', très fier de son trait d'humour." 

Le président aurait également qualifié de "pas jojo" la famille de Valérie Trierweiler, d'origine modeste. Une "expression tellement dédaigneuse" qui "hante" son ex-compagne, que François Hollande surnommait parfois "Cendrillon" et "Cosette".

Ce qu'il en dit

"Je n'accepterai jamais que puisse être mis en cause ce qui est l'engagement de toute ma vie, de tout ce qui a fondé ma vie politique, mes engagements, mes responsabilités, les mandats que j'ai exercés", a réagi François Hollande, vendredi, à Newport (Royaume-Uni), où se tenait un sommet de l'Otan. 

"Je ne vais pas laisser mettre en cause la conception de mon action au service des Français et de la relation humaine que j'ai avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres, parce que je suis à leur service et parce que c'est ma raison d'être", a-t-il conclu, sans revenir sur l'expression "sans-dents" rapportée par Valérie Trierweiler.

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Ce qu'en disent ses proches

Un cynisme de classe chez Hollande ? L'ancien maire de Quimper et confident du chef de l'Etat, Bernard Poignant, assure à Europe 1 ne l'avoir "jamais entendu parler de manière méprisante, condescendante, insultante à l'égard de quiconque". Son ami Jean-Pierre Mignard abonde, dans Libération (article payant)"J'ai beau chercher, je ne me souviens pas avoir entendu François Hollande parler une seule fois de 'sans-dents', ou avoir une attitude générale de mépris social vis-à-vis de quiconque."

L'ancienne compagne de François Hollande Ségolène Royal a, pour sa part, qualifié de "n'importe quoi" l'image véhiculée dans le livre de Valérie Trierweiler. "C'est le contraire de son identité politique", assure la ministre de l'Ecologie. 

Ce qu'en disent les journalistes qui le côtoient

"Il suffit de connaître un peu Hollande le Corrézien pour savoir que l'ancien député n'a jamais mené grand train, écrit Grégoire Biseau dans Libération. Son pied-à-terre était un pauvre studio d'étudiant. Et sa voiture, une Escort grise, faisait pitié."

"Le mépris de classe, les moqueries sur les pauvres, cela ne lui correspond pas du tout, estime la journaliste du JDD Cécile Amar, auteure de deux ouvrages sur François Hollande, qu'elle suit depuis dix ans. Je n'ai jamais rien vu, jamais rien entendu, qui laisserait penser qu'il n'aime pas les pauvres. J'ai interrogé les gens avec qui il a grandi, avec qui il a fait de la politique, et jamais personne ne m'a raconté cela."

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