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Ce que révèle le livre "Conversations privées avec le président" sur le quinquennat de François Hollande

A moins d'un an de l'échéance présidentielle, le président de la République revient sur les quatre premières années de son quinquennat dans ce livre, sorti mercredi, écrit par deux journalistes. Voici ce qu'il faut en retenir.

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François Hollande, le 23 janvier 2016, à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

"C'est dur, bien sûr que c'est dur. C'est beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé." A moins d'un an de l'échéance présidentielle, François Hollande revient sur les quatre premières années de son quinquennat, dans Conversations privées avec le président (Albin Michel), paru mercredi 17 août.

Signé par les journalistes Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, et Karim Rissouli, chroniqueur sur France 2, ce livre sonne comme l'aveu terrible d'un chef d'Etat qui sait que sa réélection est loin d'être acquise. Le Point (article payant) a publié les bonnes feuilles de cet ouvrage étonnant. Voici ce qu'il faut en retenir.

Sur la présidentielle de 2017 : "Si je perds, j'arrête la politique"

Pour François Hollande, une chose est plus importante que tout : marquer l'Histoire. C'est d'ailleurs "pour la postérité" qu'il a accepté de se prêter au jeu des deux journalistes. "Ce qui est terrible, c'est de faire un mandat présidentiel dont il ne reste rien, assure le chef de l'Etat. Moi, j'ai réglé cette question : le Mali, la réponse aux attentats de janvier, le mariage pour tous, la loi Macron..." Persuadé d'avoir laissé son empreinte sur la Ve République, il serait même presque prêt à laisser sa place à l'Elysée. "Ce n'est pas un drame si ça s'arrête. (...) C'est vrai que ça pourrait être une sorte de libération de ne plus être là", avoue-t-il. 

Mais François Hollande croit encore en ses chances pour 2017. "Je ne ferais pas le choix de la candidature si, d'évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire." 

S'il n'est pas réélu, il assure qu'il mettra définitivement derrière lui sa carrière politique. "Si je perds la présidentielle, j'en 'prendrai pour cinq ans'. J'aurais 67 ans en 2022, donc, si je perds, j'arrête la politique", assure-t-il. 

Sur l'inversion de la courbe du chômage : "Je n'ai pas eu de bol"

François Hollande se félicite d'avoir choisi l'inversion de la courbe du chômage comme condition préalable à sa candidature. "Cela m'a permis de mobiliser", assure-t-il. Et si cet objectif semble de moins en moins réaliste, c'est, selon lui, la faute à pas chance. "Je comprends paradoxalement que ça va être difficile d'inverser la courbe quand le chiffre est bon ! Celui du mois d'octobre [2013]. Je suis en déplacement quand j'apprends qu'il y a vingt mille chômeurs de moins. C'est bien ! Mais pour l'inversion je me dis 'C'est la plus mauvaise nouvelle qui puisse arriver. (...) Je n'ai pas eu de bol."  

Toutefois, le chef d'Etat ne pense pas que la présidentielle se jouera forcément sur les chiffres du chômage. "On n'élit pas un président sur 'il a fait un peu plus ou un peu moins de chômage', assure François Hollande. On l'élit parce qu'il a su parler à la nation, parce qu'elle s'est réveillée."

Sur l'attentat de "Charlie Hebdo" : le moment "où je suis devenu président dans le regard de beaucoup de gens"

Les attaques terroristes de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher, en janvier 2015, marquent un tournant dans son quinquennat. "C'est la semaine, celle des attentats, où je suis devenu président dans le regard de beaucoup de gens, explique François Hollande. J'ai été élu, mais dans le regard de beaucoup de Français, je ne l'étais pas devenu."

Juste après ces évènements, François Hollande fait un bond sans précédent dans les sondages. Sa popularité gagne près de 20 points, selon certains instituts. "C'est une séquence pendant laquelle j'ai eu les bons gestes", assure François Hollande, persuadé que "2017 se jouera sur ces valeurs aussi".   

A propos de Nicolas Sarkozy : "C'est lui que j'affronterai"

Dans l'arène des primaires à droite, François Hollande ne voit pas d'autre vainqueur que Nicolas Sarkozy. "Je pense que s'il ne lui arrive rien, c'est lui que j'affronterai [lors de la présidentielle]. Je ne vois pas bien comment ils pourront l'en empêcher", explique-t-il. Comparé aux candidats à la primaire, Nicolas Sarkozy a "plus de qualités", affirme François Hollande. "Il a plus de défauts aussi", tempère-t-il.

Parmi les travers de son prédécesseur à l'Elysée, le chef de l'Etat évoque sa "brutalité" et son incapacité à tirer des leçons après son échec en 2012. "On pouvait penser qu'il y aurait une mue, mais quand je l'ai retrouvé dans le stade en Afrique du Sud [lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela], c'est comme si je venais de le quitter. (...) Le même, avec les mêmes histoires, les mêmes façons de parler, me disant des choses qu'il ne devrait pas me dire. Dire du mal de Fillon, de Copé, de tous... Je me dis qu'il ne devrait pas me dire ça à moi ! Je suis son adversaire !" Avec l'ancien président, "ce n'est pas 'moi, président de la République', c'est 'moi, Nicolas Sarkozy'", tacle François Hollande.

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