Candidature de François Fillon : "Il faut que la situation pourrisse davantage, pour que la caducité soit constatée"

Georges Fenech a affirmé mercredi que la candidature de François Fillon à la présidentielle était "caduc". Selon le politologue Jean Petaux, ce mot "peut-être employé", mais il en faudra plus pour ébranler le candidat des Républicains.

François Fillon en campagne avec sa femme Penelope, à Paris, le 29 janvier 2017. 
François Fillon en campagne avec sa femme Penelope, à Paris, le 29 janvier 2017.  (ERIC FEFERBERG / POOL)

François Fillon n'a pas l'intention de renoncer à la présidentielle, malgré les appels de certains membre des Républicains qui souhaitent que le parti de droite envisage une candidature de recours suite aux révélations concernant sa femme et ses enfants.

Le député Les Républicains du Rhône, Georges Fenech, a estimé mercredi sur franceinfo que le résultat de la primaire était "caduc""Je pense que le mot caduc peut-être employé", a estimé jeudi 2 février sur franceinfo Jean Petaux, politologue et professeur à Sciences Po Bordeaux. Mais selon lui, "il faut que les choses continuent de se déliter, que la situation pourrisse davantage, pour que la caducité de la candidature Fillon soit constatée."

Des ténors moins virulents

"Ce sont les deuxièmes couteaux qui se prononcent, dans la perspective de l'après candidature", souligne-t-il. Dans une tribune publiée dans le journal Le Figaro jeudi, plusieurs ténors des Républicains ont apporté leur soutien à François Fillon. "Pour l'instant, les poids lourds ne peuvent pas se permettre d'employer un vocabulaire qui consisterait à être le premier qui planterait le couteau de Brutus à Fillon", souligne le politologue.

Sur la question de l'organisation d'une nouvelle primaire, "il se trouve que les statuts de la primaire ne prévoient pas ce genre de cas", dit encore Jean Petaux, qui constate un vrai vide juridique. "C'est une organisation interne. On n'est pas dans des institutions." Pour lui, "l'expression putsch institutionnel n'a aucun sens. La Constitution ne prévoit pas le mécanisme des primaires."