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Transparency International demande au président de l'Assemblée nationale d'interdire les emplois familiaux

Au lendemain de la manifestation contre la corruption et en plein affaires François Fillon, Daniel Lebègue, de l'ONG Transparency International demande lundi l'interdiction des emplois familiaux à l'Assemblée nationale.

Article rédigé par France Info
Radio France
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L'hemicycle lors des questions au gouvernement a l'Assemblee Nationale, en février 2017. (MAXPPP)

À Paris, à Toulouse, à Lille ou encore à Angers et Saint-Omer : des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 19 février pour dénoncer la corruption des élus. L’appel a été lancé sur les réseaux sociaux pour dire "qu’il était intolérable d’être gouvernés par un corps d’élus qui a la possibilité de pratiquer l’inverse de ce qu’il défend". Marine Le Pen et François Fillon sont entre autres visés. Le dernier bureau de l’Assemblée nationale de cette législature a lieu dans deux jours. Transparency International en profite pour demander à cette instance de modifier certaines règles afin de faire en sorte que l’Assemblée et le Sénat soient exemplaires.

Daniel Lebègue, président de l'ONG en France, demande "au président de l'Assemblée nationale" d'interdire les emplois familiaux. S’exprimant sur franceinfo lundi 18 février, il demande à la France de s’inspirer "de ce que font d’autres démocraties, comme l’Allemagne ou les pays scandinaves."

franceinfo : Vous avez demandé au bureau de l’Assemblée nationale de modifier le code de déontologie. Vous faites quatre propositions dont la première concerne la transparence des indemnités ?

Daniel Lebègue : Il y a une indemnité qui n’est pas transparente, c’est l’indemnité représentative de frais de mandats (IRFM). Nous demandons aux sénateurs et aux députés de nous dire à quoi ils consacrent ces indemnités chaque année. Ils en font l’usage qu’ils jugent le meilleur, de leur point de vue, et il n’y a aucune visibilité en la matière. Il y a une nouvelle avancée à faire dans cette direction.

Vous demandez l’interdiction des emplois familiaux. C’est nouveau cette demande de votre part ou bien vous êtes-vous inspirés de l’affaire Fillon ?

On avait regardé le sujet il y a un an et on avait vu que 14% des députés et des sénateurs emploient parmi leurs assistants, les personnes qui ont le même nom de famille qu’eux. Il y en a sans doute un peu moins aujourd’hui. Et à l’époque, on avait demandé à ce que la France s’inspire de ce que font le Parlement européen et d’autres démocraties comme l’Allemagne, les pays scandinaves qui interdisent cette pratique. C’est une mesure que nous demandons au président de l’Assemblée nationale et à son bureau. Il peut le faire tout de suite. C’est lui qui a le pouvoir d’édicter des règles de bonne conduite et de les faire appliquer. Nous avons des étapes à franchir dans la voie de la transparence. 

La France en Europe n’est pas encore parmi les meilleures démocraties. On doit se donner l’objectif de figurer parmi les pays les plus vertueux, intègres en matière de vie publique.

Daniel Lebègue, de Transparency International

à franceinfo

Qui est-ce qui bloque ? Où est-ce ça bloque ?

Il y a des résistances chez les intéressés. On comprend bien que c’est plus simple, plus facile pour un parlementaire de disposer à sa guise de l’IRFM, qui est financé sur les fonds publics et de disposer de ce qu’on appelle le crédit collaborateur. Il engage, il rémunère comme il l’entend. Et bien non, dans une démocratie, il y a un devoir de "redevabilité" de ceux qui exercent un mandat public et qui utilisent des fonds publics. Ils doivent rendre compte aux citoyens de ce qu’ils font et la manière dont ils le font. 

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