Florange : "Les engagements pris seront tenus, j'en serai le garant" dit François Hollande

En visite au siège de l'association Emmaüs à Paris, François Hollande s'est exprimé sur la dernière polémique autour de Florange. Alors que la direction d'ArcelorMittal a retiré la candidature de ce site pour le projet européen de captation de CO2 Ulcos, le chef de l'État a fait "la promesse" de faire en sorte que ce projet soit mené bien.

(Jacky Naegelen Reuters)

Interpellé dans la journée par les salariés de Florage, mécontents de l'accord passé entre le gouvernement et la direction d'ArcelorMittal, François Hollande a réaffirmé sa volonté de sauver le site. "Les engagements pris seront tenus" , a expliqué le chef de l'État.

Selon lui, les décisions prises sont "des décisions courageuses qui permettent d'éviter un plan social à Florange et d'obliger ArcelorMittal, l'actuel industriel, à faire des investissements qui n'ont que trop tardé et à engager un plan Ulcos qui doit permettre qu'il y ait un avenir pour la filière chaude".

Ce projet européen Ulcos est un plan de captation et de stockage de CO2. Il vise à installer Florange un prototype de haut fourneau innovant censé faire du site lorrain une vitrine de nouvelles technologies de production de l'acier, beaucoup moins polluantes. C'est surtout l'un des points de l'accord entre le géant mondial de l'acier et le gouvernement.

Sauf que jeudi, en début de journée, l'industriel a annoncé qu'il retirait "en raison de difficultés techniques" sa candidature. Il l'a écrit dans une lettre envoyée à la Commission européenne dont France Info s'est procuré la copie. Cette annonce de difficultés a ravivé la colère des syndicalistes au lendemain d'une rencontre tendue avec Jean-Marc Ayrault.

François Hollande s'est voulu rassurant concernant l'avenir d'Ulcos. "Ce qui a été engagé pour faire que ce projet Ulcos voit le jour auprès de l'Europe sera mené à bien, j'en fais ici la promesse" , a explique le Président de la République.

Un doute sur Mittal

L'entourage du chef de l'État a reconnu qu'il existait "un doute" concernant le respect par Mittal de ses engagements. S'agissant du projet Ulcos, les proches de François Hollande ont expliqué "qu'il fallait forcer la main à Mittal parce que c'est des
millions d'euros, même s'il y a une aide de l'Europe, c'est la condition aussi pour
que ce projet puisse voir le jour".

Ainsi, l'Élysée insiste sur le fait que même si Ulcos 1 a été retiré, ArcelorMittal s'est engagé sur Ulcos 2. Par ailleurs, l'entourage de François Hollande estime que le gouvernement sera jugé sur la durée. "Est-ce que dans deux ou
trois ans, il y aura encore Florange ou pas? C'est là qu'on sera jugé et pas
dans les deux ou trois semaines."

 

Les salariés à bout de nerf

De leur côté, les syndicalistes de Florange se sont rassemblés jeudi après-midi devant les hauts fourneaux du site mosellan. Ils ont promis de continuer leur combat. Edouard Martin, fer de lance du combat syndical, a expliqué que tous s'étaient organisés "pour que l'alimentation en gaz" des hauts fourneaux soit assurée.