Fin du droit du sol à Mayotte : "La question migratoire est abordée de la façon la plus démagogique qui soit", critique le député PS Boris Vallaud

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale a jugé que si le problème d'immigration est réel à Mayotte, le moyen choisi pour tenter de le résoudre n'était pas le bon.
Article rédigé par France Info
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Boris Vallaud, invité de France Inter le lundi 12 février 2024 (FRANCE INTER / RADIOFRANCE)

"Il y a une question migratoire qui me paraît abordée de la façon la plus démagogique qui soit et probablement la plus inefficace", critique ce lundi sur France Inter Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, au lendemain de l'annonce de Gérald Darmanin d'une révision constitutionnelle destinée à supprimer le droit du sol à Mayotte. Le député PS des Landes ne "croit pas" que cette décision puisse répondre à l'insécurité et la crise migratoire qui frappent l'île de l'océan indien. 

Boris Vallaud rappelle ainsi que "le droit du sol est déjà plus dur à Mayotte que dans le reste du territoire français" sans que cela ne produise "les effets escomptés". Le chef de file des députés socialistes craint que cette révision constitutionnelle ne fasse "qu'ouvrir un nouveau débat stérile en France", faisant référence à la loi immigration qui, selon lui, n'a pas été d'une "grande réussite du point de vue des principes". Il évoque notamment les réactions positives "de l'extrême droite et de la droite qui se demandent pourquoi seulement Mayotte"

Il faudrait plutôt se pencher sur les services publics, selon Boris Vallaud

Le député des Landes insiste sur la nécessité de mener une "politique migratoire qui se préoccupe de co-développement" avec "les trois îles voisines des Comores". Il estime en effet que face à la situation à Mayotte, l'État doit surtout s'intéresser à "la manière de travailler avec les Comores et avec toute cette région". "Il y a cette proximité, il faut en faire quelque chose de positif", ajoute Boris Vallaud. 

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée appelle le gouvernement à se pencher plutôt sur "les questions de l'école, de la sécurité au quotidien, de l'action sociale et de l'accès aux soins". "Les questions de protection judiciaire de la jeunesse, d'aide sociale à l'enfance ne doivent pas être esquivées", plaide-t-il. Boris Vallaud considère qu'en tant qu'habitants du "101e département français, [les Mahorais] ont le droit aux mêmes services publics, la même qualité de prestation de service publique que partout ailleurs en France". "Il faut que la République soit au rendez-vous", soutient-il.

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